Rêve de Cendrillon pour les nouveaux "Palaces" français

Publié le 9 Novembre 2010

 

Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation a annoncé hier matin la création de la « distinction Palace » pour identifier officiellement, parmi les établissements 5 étoiles, les hôtels qui, je cite le communiqué de presse, « présentent des caractéristiques exceptionnelles incarnant l’excellence française et contribuant au rayonnement de la France à travers le monde. »

Palace

 

J'en profite pour faire un petit rappel. En 2009, 51% des Français ne sont pas partis en vacances et dans notre pays un enfant sur trois ne part jamais de chez lui.

Par ailleurs, le mode de vacances qui a désormais le vent en poupe est l'hôtellerie de plein air, autrement dit le camping. En 2009, la fréquentation de ce dernier mode d'hébergement a crû de 4,2% par rapport à 2008.

 

Il serait – peut-être – malvenu, diront certains, parce que nous traversons une crise économique grave, de supprimer cette source de revenus qu'est le tourisme haut de gamme pour notre pays, source aussi d'emplois.

Je ne voudrais pas faire du « mauvais esprit » en disant que l'hôtellerie haut-de-gamme créée de nombreux emplois (précaires?) de femmes de ménage ou commis de cuisine, vous savez, ceux-là même qui n'ont pas assez de revenus pour accéder aux vacances (voir paragraphe précédent).

Je pose juste la question de savoir s'il est urgent politiquement dans la nouvelle réforme de l'hôtellerie et dans les annonces officielles gouvernementales que notre secrétaire d'Etat mette l'accent sur le tourisme très haut de gamme.

 

Une idée saugrenue et un rêve : notre ministre annoncerait demain un partenariat inédit entre le Secours Populaire (1), les fameux 5 étoiles en question et des personnalités « du monde des arts, de la mode et du luxe » actuellement en charge d'attribuer le label « palace ». Un sponsoring bienvenu permettrait d'offrir à ceux qui ne sont jamais partis en vacances ou partent si rarement, un week-end dans un de ces établissements haut-de gamme. Une rencontre prometteuse entre des clientèles « riches » dont l'ennui de fréquenter un peu trop souvent ces établissements se verrait ainsi bousculé par cette arrivée « tellement tendance » de ces clients « pauvres » et pas blasés ?

 

 

@suivre un prochain article sur "les inégalités en France", une journée organisée par l'Observatoire des inégalités.

 

 

(1) Le Secours Populaire décline le slogan « les vacances c'est pas du luxe » et organise chaque année la « journée des oubliés des vacances » pour offrir à ceux qui ne partent jamais un séjour au bord de la mer, à la montagne ou autre pour un parfum d'ailleurs et d'évasion.

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #articles généralistes

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Leroux 09/11/2010



Je trouve qu' Hervé Novelli ne manque pas de souffle pour annoncer ce genre de distinction quand on sait l'augmentation de la pauvreté que génère la politique de ce gouvernement depuis qu'il est
en charge de la gestion de la France. Même le Général De gaulle dont on célèbre ce jour le 40ème anniversaire de sa mort, doit se retourner dans sa tombe. Mais combien sommes-nous à frémir des
conséquences prochaines de cette situation ???


 



les fauvettes 19/11/2010



bravo pour ces remarques pertinentes sur les priorités à mettre en place au niveau touristique. Moi qui gère deux maisons proposées en gîtes, je refuse de céder à la tendance actuelle qui est de
proposer toujours plus, plus de prestations, plus de luxe... joli sur le papier, très agréable certes, mais au final, les prix s'en ressentent car les frais sont forcément en parie répercutés et
ce sont toujours les mêmes qui se verront privés de partir car ils n'auront pas les moyens de se payer ces prestations  (piscine privée par exemple) .