5 caméras brisées

Publié le 30 Avril 2014

5 caméras brisées

J'ai pris ce soir un film documentaire en plein cœur. Les images de ces « 5 caméras brisées » m'ont profondément touché et fait mal.

Celui qui a fait ce docu a pris, lui, des balles en plein ventre, mais, pour lui, filmer était sa seule façon de rester debout. Son nom est Emad Burnat, il vit en Cisjordanie dans le village de Bil'in. Là, un mur de séparation a été arbitrairement élevé par les israëliens qui ont peu à peu pris les terres des palestiniens, pour y construire des immeubles et y installer des colons. Les habitants du village de Bil'in ont été progressivement privés de leurs seules ressources : la terre à cultiver et les oliviers. Alors, face aux soldats armés, ils résistent, à leur façon, en manifestant pacifiquement, chaque vendredi soir devant ce mur barbelé. Ce film raconte comment Emad, au moment de la naissance de son 4e enfant, a acheté une caméra et a filmé la vie et le combat terriblement courageux des habitants de son village jusqu'aux 5 ans de ce dernier fils.

Moment révélateur que celui où cet enfant, qui a grandi prématurément près des barbelés et de l'armée, demande un jour à son père pourquoi il ne va pas tuer les soldats avec un couteau. Ces derniers ont supprimé « son Phil », celui que tous les petits adoraient, un homme au cœur d'or qui s'adressait avec le sourire aux militaires ennemis et gardait toujours l'espoir. L'injustice absolue, ou comment faire naître la colère et la haine chez ceux qui ont choisi de résister pacifiquement !

Emad choisit, lui, de résister et témoigner en images. Et malgré les risques, les blessures, caméra après caméra, il continue, même lorsque celles-ci sont brisées par les balles.

Je vous invite à absolument aller voir ou acheter ce film documentaire poignant et puissant. J'en suis sortie bouleversée. Cela aide, une fois de plus, à reconsidérer la façon dont on vit chez nous, la chance que nous avons.

Alors, regarder le problème palestinien celui des territoires occupés et en parler autour de soi, semble être bien le minimum à entreprendre, non? Une minuscule goutte dans un océan d'injustice. Mais c'est mieux que ne rien faire non ?

« 5 caméras brisées » film de Emad Burnat et Guy Davidi – Blaq out collection -

www.blaqout.com – 2013 -

Rédigé par Marie Remande

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