L'Ecole des filles épate la galerie (d'art contemporain) tout l'été

Publié le 30 Juillet 2011

 inaug Festival planche BD Huelgoat

Dans cet article rédigé à ma façon, c'est à dire en ne commençant pas par le message principal (lisez jusqu'au bout, prenez votre temps, c'est l'été!) il est question d'une ancienne école des filles du Finistère reconvertie en galerie d'art durant tout l'été. Entrez dans l'histoire, entrez dans la cour, ça en vaut la peine! Qui sait? Peut-être, comme Françoise Livinec, galériste parisienne, aurez vous un coup de coeur à en déplacer les chaos rocheux des Monts d'Arée?

 

L'école des filles, ça sonne comme une cloche de cour de récré, ça résonne comme les comptines des petites qui jouent dans cette grande cour là sous les tilleuls, ça crisse comme la craie sur le tableau noir, ça sent la colle blanche et le savon de Marseille qui s'entortille sur une tige métallique et qu'on effleure à peine avant de se rincer les mains en se mettant sur la pointe des pieds, au dessus des longs lavabos blancs, ça sent le drap rêche qui frotte la peau dans les dortoirs du premier étage.

 

Cette école des filles là, c'était avant. Dans le village d'Huelgoat, Finistère centre, avant que l'école primaire ne ferme.

 

Aujourd'hui l'ancienne école des filles a été rachetée et transformée par la galeriste Françoise Livinec, une aventurière de l'art contemporain, dénicheuse et "passeuse" d'art, aux commandes d'une galerie avenue Matignon à Paris. Cette amoureuse du pays bigouden où, petite, elle a passé toutes ses vacances, la rachète après avoir hérité d'abord en 2008 de la maison de sa grand-mère dans le bourg d'Huelgoat. Elle y installe au rez-de chaussée une galerie de tableaux contemporains. Et ça marche! "Ses" collectionneurs la suivent et achètent, même à 5 heures de route de Paris.

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En 2009, le maire lui propose de racheter l'école des filles restée vide depuis de nombreuses années. Même pas peur! Et la voilà engagée dans un nouveau projet. Celui de créer une galerie d'art estivale dans ce bâtiment qui a autrefois formé des générations de petites bretonnes.

 

Aujourd'hui "L'Ecole des filles" - le nom d'artiste, tout simple, du lieu -, ça se découvre, ça se contemple, comme une grande galerie contemporaine de peinture, toutes les toiles accrochées sobrement dans les belles grandes pièces parquetées; ça se glisse dans les agendas culturels de la région à la page expositions, c'est plein de trouvailles d'artistes contemporains, bretons, ou pas du tout, des talents toujours. Et c'est durant tout l'été 2011, une grande expo intitulée l'Arbre qui cache la forêt. Mais attention, aucun peintre du dimanche n'entre dans les pièces. La notoriété a un prix, l'exigence du choix personnel de Françoise Livinec. Son oeil aiguisé et intuitif fait le reste pour donner à voir des univers splendides.

Arbre qui cache la forêt

Comme celui de Matthieu Dorval, peintre contemporain dont les toiles lavées de bleus profonds semblent marbrées d'une profondeur presque mystique. Cet été, le peintre va dans une des nombreuses salles flirter avec l'Univers de Bruno Le Floch. Qui connaît l'artiste? Bruno Le Floch Huelgoat Juin 11OK, vous donnez votre langue aux chats qui escaladent parfois les murs de l'école lorsque à l'automne tous les visiteurs ont déserté le lieu? Figurez vous que Bruno est enfant de BD. Une autre forme de culture plastique.

Car l'idée géniale de la cheville artistique du lieu a été, durant le week-end de l'Ascension en juin dernier, d'organiser un grand événement pour faire parler de l'Ecole des filles, en avant-première de la saison estivale 2011 : le premier festival international de planches originales de BD.

Et j'ai eu la chance d'y assister. Au programme, 24 auteurs de bande dessinées ont accepté de donner leurs planches originales à exposer et vendre à l'occasion de trois journées exceptionnelles d'exposition à l'Ecole des filles, prolongés tout l'été en cohabitation avec les peintures contemporaines. Et le public pouvait, dans chacune des salles, rencontrer chaque auteur et découvrir son émouvant coup de crayon original, parfois juste en noir et blanc, sans couleur, et parfois coloré de ses teintes originales, proche du livre édité. Les auteurs eux-même tout surpris que leurs planches puissent se glisser dans un cadre et sous verre, hissant ainsi leur art au rang d'oeuvres véritables et de tableaux dignes d'orner les murs des galeries.

Un état d'esprit tout à fait conforme à celui qui préside les choix de l'Ecole des filles, une transversalité qui mêle peintures des XIXe et XXe siècles, art contemporain, photographies et BD, toutes les oeuvres exposées étant à vendre.

Bref, cet été, prévoyez de passer par Huelgoat, dans le Finistère, programmez un week-end pour découvrir l'Ecole des filles. Ce lieu singulier mérite le voyage!

 

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Photos Marie Remande-Archer

Rédigé par Marie Remande

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