La force de conviction d’Isabelle Roux, chargée de l’économie sociale et solidaire

Publié le 14 Juin 2009



Sur le terrain avec les porteurs de projets ou en interaction avec les élus, la responsable de l’économie sociale et solidaire du Conseil Régional Champagne-Ardenne met engagement et force de conviction au service de missions délicates et multi facettes.

« Je viens de poser mon sac hier après trois jours sur le terrain dans les Ardennes et en Belgique » raconte Isabelle Roux, quadragénaire énergique.  De retour à son bureau de Chalons–en-Champagne, la chargée de mission à l’économie sociale et solidaire du Conseil Régional Champagne-Ardenne commence une nouvelle journée. Ce matin, elle prépare un cahier des charges pour un nouveau dispositif régional de soutien aux microprojets associatifs, avant de se retrouver l'après-midi en comité régional stratégique  pour choisir les dossiers pertinents. Elle prend juste le temps de partager un plateau repas avec ses partenaires. « Ma force est d’avoir réussi à fédérer autour de moi un réseau relationnel très réactif qui se met en quatre lorsque je le mobilise » explique t-elle. Et déjà c’est reparti. Elle répond à un porteur de projet associatif : une heure quinze de conseils téléphoniques et d’exploration des pistes pour transformer en SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) son association touristique de mise en valeur du patrimoine industriel de la Haute-Marne. Elle explique comment le réseau peut l’aider dans la recherche de financements publics ou privés.

D’un bac sténo à un poste de cadre A

«Je suis arrivée presque par hasard à la Région, il y a 25 ans. J’ai vu de la lumière et je suis entrée, comme secrétaire.» s’amuse t-elle.  «J’ai eu de la chance. J’avais en poche un bac de sténo dactylo. La fonction publique territoriale a bien joué pour moi son rôle d’ascenseur social.»  Aujourd’hui, devenue cadre A, elle connaît parfaitement sa collectivité et tous les métiers de la territoriale.
Isabelle Roux met depuis quelques années cette richesse de parcours au service de l’économie sociale et solidaire.
« On ne travaille pas par hasard dans ce secteur. On s’inscrit dans un système de valeurs collectif partagé qui remet l’Homme au centre des préoccupations » défend-elle avec enthousiasme. « Dans mon poste actuel, je baigne comme un poisson dans l’eau. Je suis portée par un militantisme autour de cette mission qui me nourrit. »

Convaincre : facteur clé de la réussite

Le succès des missions de la responsable repose à la fois sur sa proximité avec les acteurs (associations, coopératives et mutuelles) et sur sa capacité à discuter avec les élus dans les territoires. « Tout cela s’accompagne de garanties administratives, de l’aide stratégique de ma hiérarchie, et d’une volonté politique régionale en faveur de l’économie sociale et solidaire, sans lesquels je ne pourrais rien faire. » reconnaît Isabelle.
La jeune femme égrène les qualités qui lui semblent nécessaires à sa mission : écouter, rencontrer, rassurer, discuter, s’adapter, innover et surtout convaincre.
« Je préfèrerais parfois mettre au service des porteurs de projets l’énergie colossale que j’emploie à convaincre les politiques sur le terrain. », conclue la marathonienne de l’économie sociale.




Chargé de mission à l’économie sociale : le « mouton à cinq pattes » de la territoriale
 Presque toutes les Régions françaises et quelques autres collectivités se sont dotées de « chargés de l’économie sociale». Véritables « moutons à cinq pattes », ces profils très variés se trouvent à la croisée de réseaux d’acteurs tant publics que privés. Dotés de compétences transversales en matière de développement économique et/ou d’aménagement du territoire, ils doivent parfois maîtriser également les questions sociales, l’insertion et le développement durable. Il existe des formations spécifiques à BAC+4 ou plus. Beaucoup de régions proposent des filières universitaires avec des « Master » spécialisés. Certaines grandes écoles – ESSEC, HEC – intègrent aussi cette dimension dans leurs cursus.


Article extrait du Magazine LA MUTUELLE, trimestriel de la Mnfct - n° 123 - Mars 09

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #portrait

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