Une charte pour l'insolite

Publié le 10 Mars 2011

Qu'est-ce qui est en bois ou en toile, pousse dans nos bois et de nos champs, s'installe rapidement dans les branches ou sur le sol, et joue les stars dans les colonnes de nos magazines de tourisme ? Les hébergements insolites bien sûr ! Pour bien choisir entre roulottes, cabanes, yourtes et autres tipis, le réseau Gîtes de France® a décidé de donner des repères aux hôtes.

 

 

La Roulotte

photo Gîte La Mésange, Pays d'Auge, Calvados


Aller passer quelques jours confortablement et haut perché dans un chêne, tel un Tarzan des temps modernes ; s'imaginer partir loin dans une yourte mongole, sans prendre l'avion (coûteux économiquement et en énergie); se prendre pour un saltimbanque coupé de la fureur de la ville, dans une roulotte qui sent bon le bois... le besoin d'évasion à quelques kilomètres de chez soi est toujours plus fort.

 

Un tourisme « ailleurs-ici »

« Alors que l'un des fondements du tourisme est le voyage (…) il semble que l'on soit en train d'assister, en France, à l'émergence d'un tourisme « ailleurs ici », que l'on pourrait qualifier de pratiques touristiques de proximité, centrées sur des offres d' « exotisme local » ou importé. » analyse Catherine Espinasse, psychosociologue & consultante dans la Revue Espaces (1).

A l'instar de l'offre de restaurants du monde qui se multiplie dans nos villes, la psychosociologue constate : « des offres touristiques d' « ailleurs ici » se développent y compris dans certains territoires à dimension rurale. On trouve désormais des yourtes touristiques presque partout, mais aussi des tipis, des roulottes... ». Elle explique le développement de ces nouvelles façons de voyager par plusieurs facteurs : «  Les effets conjugués de la crise avec toutes les contraintes financières auxquelles les ménages doivent faire face, du vieillissement de la population, qui peut entraver ou réduire la mobilité et les exploits physiques ou sportifs des « seniors », avec celle de l'évolution des valeurs comme la sensibilisation au développement durable (... ) ».

« Les « cabaneurs » sont à la croisée entre les habitués des campings qui souhaitent d'offrir un peu de « luxe » et les clientèles d'hébergement classiques qui s'autorisent un peu d'insolite confirme Estelle Fourat, consultante en tourisme. Elle note toutefois que si la demande pour ce type d'offre est réelle, « c'est plutôt l'offre qui manque. »

 

Le prix de l'insolite

Mais qu'est-ce qu'un véritable hébergement insolite ? Habitat troglodyte, péniches, roulottes, yourtes, maison sur pilotis, moulins, phare, chapelle, ancienne boulangerie, cabanes ou tipis? Face à l'effervescence de ces nouvelles propositions, la Fédération des Gîtes de France joue, comme à son habitude la carte de la qualité et a décidé depuis quelques mois de clarifier le concept aux yeux de la clientèle. Le réseau a créé son label « Hébergement insolite » en juin 2010 et le réserve exclusivement à quatre produits : roulottes, cabanes, yourtes et tipis. Tous les autres hébergements (en dur) restent classés dans les catégories « classique » des Gîtes de France®. Le label est complété par une charte qui formalise des critères de base pour se voir attribuer le terme d' « hébergement insolite »(voir encadré). Elle rappelle notamment le « plus » que garantit le réseau Gîtes de France® et ce que viennent y chercher les hôtes : la qualité de l’accueil de la clientèle par le propriétaire lui-même ! Les hébergements insolites Gîtes de France apportent également un niveau de confort particulièrement soigné. Lorsque cabanes ou roulottes se commercialisent sous la forme chambres d'hôtes, les petits déjeuners avec produits « maison » sont apportés sur place par les propriétaires et parfois des paniers repas comme à la « ferme des histoires mélangées » qui a installé une cabane sur son exploitation corrézienne.

Une qualité qui a un coût. Les tarifs des « hébergements insolites » dans l'offre Gîtes de France® apparaissent ainsi en moyenne supérieurs aux tarifs des modes d'hébergement plus classiques du réseau. Et le critère de choix prioritaire pour un saltimbanque du week-end n'est par le prix comme le confirme Didier Sementoff, propriétaire d'hébergements Gîtes de France® - dont une roulotte - dans le Calvados : " La location de notre roulotte est plus chère que celle de nos chambres d'hôtes. Nous recevons ici une clientèle qui ne compte pas et qui est majoritairement aisée."

 

(1) Article revue Espaces n° 285 « Le nouveau court séjour »

 

Article paru dans le magazine "Gîtes de France n°90 - hiver 2011

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #articles généralistes

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