Mona Lisa en nocturne

Publié le 20 Avril 2013

  Le Louvre hiver 12 Marie Remande

 

Ce soir visite improvisée au Louvre. C'est mercredi, et c'est nocturne. Le musée n'est pas envahi de touristes. Pas de queue infinie devant la Pyramide de M. Pei. La nuit tombe tranquillement et déjà les lumières éclairent de l'intérieur la construction de verre qui joue la transparence à travers la cour carrée. On aperçoit dans l'enfilade le Carrousel du Louvre, l'Obélisque de la Concorde. Le reste est invisible. Je sais juste que loin derrière se tient l'Arche de la Défense....

Aujourd'hui, c'est parti pour les peintres italiens de la Renaissance et au delà. Je suis avec grâce le choix de l'amie que j'accompagne dans cette soirée culturelle impromptue. La grâce définit parfaitement les premières fresques de Boticelli que nous croisons dans l'aile Denon.

Fou le nombre d'oeuvres connues que je découvre pour la première fois en vrai ! La peinture « live » comme la musique vivante, c'est décidément bien autre chose que des reproductions sur cartes postales ou dans les pages d'un livre. Tiens « Le radeau de la Méduse » de Géricault. Tiens, « La vierge et Ste-Anne » de Léonard de Vinci, qui vient d'être rénovée. Une merveille ! « La liberté conduisant le peuple » de Delacroix, « Les Noces de Cana » de Véronèse, « les 4 saisons » d'Archimboldo, des Boticcelli, des Fra Angelico, des Léonard de Vinci, des Tintoret, des Caravage. Une mine de beautés et de célébrités. Et de temps en temps, un coup de cœur pour une œuvre un peu moins connue, un drapé bleu lapis lazuli, qui m'émeut, un visage de femme, un corps d'Hercule sublime.

 

La Joconde derrière une vitre

Petite déception tout de même : LA Mona Lisa de Léonard de Vinci.

Prisonnière derrière une vitre, c'est là qu'elle ne vieillit pas, depuis si longtemps. J'aurais aimé pouvoir regarder le grain de la toile, l'épaisseur de la peinture, voir les imperfections de ce que le monde entier considère comme une merveille, mais là c'est impossible, une corde maintient les curieux à distance et une vitre pleine de reflets met une banquise entre elle et nous. Elle, hautaine et lointaine, telle une VIP, dispose de deux gardiennes à ses côtés en permanence.

Les flashs crépitent -Tiens un musée où l'on peut photographier les œuvres ! - malgré le peu de monde, une attroupement autour du tableau, beaucoup d'asiatiques qui se prennent en photo devant. Il semblerait qu'il est plus important d'être vu à côté que de venir la voir, elle. Finalement ici, le vrai sujet c'est soi, et non le tableau. Il conviendra d'envoyer rapidement un MMS ou de mettre sur Facebook la photo pour dire « J'ai 'fait' la Joconde », comme on dirait, « j'ai 'fait' Les Etats-Unis ».

 

Textus interompus et donc non éditus.

 

Je poursuis quelques mois après. Toujours aussi gris le ciel. De novembre à avril, le temps serait-il stable et inchangé ? Avons nous vu le soleil depuis ? Avons nous nous-même changé ?

La Joconde de Vinci doit toujours être là aussi. Stable. Toujours derrière sa vitre.

Qu'elle y reste.

Je préfèrerai la prochaine fois d'autres visages, moins connus, plus touchants. Face à face solitaire, sans les hordes de touristes, quelques siècles après, rencontrer l'auteur à travers son œuvre. Une gageure ?

Rédigé par Marie Remande

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