Mesparrow en concert tôt à Tours

Publié le 28 Février 2011

Mesparrow crédit X. Chertier

Mesparrow - Photo par Xavier Chertier ©2011

 

 

Le jour. Un dimanche après-midi de février. Le 26 exactement, à 16h30, après le goûter offert. Dans l'air déjà presque un frémissement de printemps. Dans la cave, juste une odeur, très légère, imperceptible, d'humidité.

Le lieu. Place de la Monnaie à Tours, une cave, des arcades voutées, XVe siècle, dixit Cécile, la soeur de la fratrie Jauzenque, l'accueillante, la cueillante qui sourit aux visiteurs et spectateurs, celle qui parle vite, qui zigzague, agile, entre les 50 chaises, qui vous trouve une place même quand c'est complet.

Dans un coin, un piano électrique, un micro orné d'une guirlande avec des petites lumières qui brillent comme des étoiles et un ampli attendent. La parole au programmateur, « Doc Pilot » : « Et voici pour nos Arcades Hivernales, notre 5e artiste de la saison. Certains la qualifient de nouvelle Claire Di Terzi, et c'est n'importe quoi! Elle est toute autre. Voici Mesparrow !»

Du fond de la salle, comme de très loin, monte un souffle, une voix, un tremblement. De sa poitrine, s'écoule un chant pur et maîtrisé dans les graves, a capella. Elle marche, concentrée, s'avance avec sa mélodie vers le micro, règle le son de l'ampli, lance une première boucle. Les sons de sa voix rocailleuse serpentent le long des arcades comme une cascade sur des cailloux clairs. Son chant se faufile entre les pieds des chaises en plastique, le long des jambes des femmes, sous les vestes et les chemises des hommes. Ça vous fait frissonner en dedans. 120 oreilles, recueillies, attentives, écoutent presque religieusement -est-ce le lieu qui veut ça? - la Miss moineau (« Me sparrow » en anglais). Elle semble tantôt timide et retenue, parlant de sa difficulté à communiquer en particulier en amour (ce qu'elle dit dans une de ses chansons, qui s'appelle comment déjà? Va falloir attendre un disque à venir en 2012 pour que je m'y retrouve dans les morceaux et les titres!), tantôt vive et déchaînée, comme lorsqu'elle reprend a capella « My heart belongs to Daddy » en frappant dans ses mains et en claquant des doigts, soutenue par une partie du public, séduit. Elle se met au piano pour accompagner sa voix qui fait des volutes dans les graves, mélancolique. Son univers est gris perle, un peu triste, mais suffisamment lumineux pour éclairer de l'intérieur la jeune dame qui semble parfois appartenir à un autre monde, celui de son imaginaire, comme trop fragile pour s'épanouir pleinement dans celui-ci.

Puis elle retourne à son micro et à ses boucles de sons qui se superposent comme un millefeuille, avec des sifflements, bruitages, sons de trompette ou de batterie, fait maison, seulement avec la voix. Un peu d'électro, beaucoup de chant. Très perso. Belle prouesse. Les applaudissements de la salle résonnent fort et font écho sous les voutes. Pas avare de cadeaux, la jeune chanteuse revient pour un bis, avec quelques nouveautés, qu'elle nous offre en espérant ne pas trébucher.

Et pour finir, ah, pour finir, la voix et le piano de nouveau, pour une évocation du film de Wim Wenders « Paris Texas ». Sublime chant de la fin, avec juste ce qu'il faut de respiration entre les couplets, de ralentissement des doigts sur les touches ivoire, d'émotion contenue et livrée. Sur ses lèvres un sourire. Sur les nôtres aussi. Joie.

Rédigé par Marie Remande

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