L'Audronnière sort les jeunes de l'exclusion

Publié le 26 Janvier 2010


L'audonnière  La Mutuelle 126 - déc. 2009


Le centre de l'Audronnière dans le Loir-et-Cher accompagne une cinquantaine d'enfants et ados qui présentent des troubles du comportement handicapants surtout dus à des difficultés familiales et sociales1. Découverte.


Le centre de l'Audronnière – autrement nommé pour les initiés ITEP, Institut Thérapeuthique Educatif et Pédagogique - a beau se situer en rase campagne, à l'écart du petit village de Faverolles dans le Loir-et-Cher, le directeur et son équipe se battent de toutes leurs forces que les jeunes en grande difficulté scolaire accueillis ici restent en contact avec la « vraie vie ». « Il est fondamental de ne pas leur faire revivre l'exclusion dont ils ont été victimes depuis leur plus jeune âge » défend Stéphane Raguenneau, directeur de l'établissement. Depuis la loi handicap de 2005, qui met en avant le principe de non discrimination, les anciens Instituts de rééducation psychopédagogique (IRPP) sont désormais devenus ITEP. Aujourd'hui le maintien dans le milieu ordinaire constitue le principe général et le passage dans un milieu spécialisé, l'exception.


Aller vers les jeunes plutôt que les enfermer

L'Institut a pour vocation première d'aller vers les enfants sur leur lieu de vie (école, lieux sportifs, associations et domicile), de former et informer les professionnels des conduites à tenir en direction de ces jeunes, parfois considérés comme « incasables ». L'enfant peut résider sur le centre à mi-temps, en internat par intervalles ou en internat régulier lorsque cela s'avère nécessaire. Les enfants accueillis à plein temps trouvent ici un espace de vie avec des adultes qui font tous partie du projet, y compris les cuisiniers, chauffeurs et personnels d'entretien. Les jeunes peuvent aussi être accompagnés à l'extérieur par le Service d'intervention thérapeutique éducatif et pédagogique de proximité (SITEPP), animé par une partie de l'équipe de l'Audronnière. Les familles sont associées de manière très proche à la définition d'un projet personnalisé, révisé à tout moment de l'année en fonction des besoins, des évolutions. « Nous sommes très humbles. Nous nous considérons comme des artisans. », relate le directeur. «la famille a des compétences, les professionnels en ont d'autres. »


Trouver le projet ad hoc pour chacun

Chacun apporte une pierre au projet qui consiste à redonner à chaque jeune une stabilité et le goût d'apprendre. L'équipe thérapeutique – psychologues, psychiatre, psychomotricienne, aides soignantes et orthophoniste – accompagne l'enfant, mais aussi la famille et les personnels. Les éducateurs développent des projets en lien avec les thérapeutes comme par exemple un atelier masques en lien avec « la maison du clown ». Ce travail sur le langage du corps réalisé avec des masques blanc de la comedia del arte fait un tabac auprès d'une quinzaine de jeunes qui trouvent là un mode d'expression adapté et apaisant. Versant pédagogie, à côté de la petite école primaire de l'Audronnière où enseignent des instituteurs spécialisés, sont nés récemment des « chantiers écoles » qui mettent en lien une activité avec un apprentissage. Par exemple un groupe de jeunes a réhabilité des logettes EDF dans la ville voisine. L'occasion pour eux d'avoir pu négocier avec la mairie, de comprendre la sécurité avec EDF, d'être artiste et fiers d'être reconnus par la communauté. « Le coeur de notre métier est d'avoir confiance dans les enfants, dans leur capacité à évoluer» conclut le directeur.


1. Les enfants accueillis sont « des enfants et adolescents, garçons et filles, qui présentent des difficultés psychologiques dont l'expression, notamment l'intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l'accès aux apprentissages. Ces publics se trouvent, malgré des potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessitent le recours à des actions conjuguées et un accompagnement personnalisé ». Décret du 6 janvier 2005

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #articles généralistes

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bobo 09/04/2014 14:21

Bonjour maman d un petit garçon de 8 ans qui es dans sa 3 eme année en itep. Je voulais savoir si des personnes peuvent me parler des autres itep dans le 41 car je voudrais le changé d itep. Merci de vos réponse