David Groison décrypte le journalisme

Publié le 2 Avril 2013

livre D. Groison

 

9 mars 2013, CDI du lycée Descartes de Tours. Lorsque le rédac chef du magazine Phosphore, David Groison, rencontre des élèves de seconde, que se racontent-ils? Sans surprise, des histoires de journalisme, d'articles et de photos de presse. Timide démarrage des jeunes. Pas de bousculement des codes, la liste de questions a été bien préparée. Quelques uns viendront lui parler en apparté à la fin.

 

Le rédac chef poursuit sa tournée des lycées. Est-il là pour renforcer son expérience du terrain, pour la promo de son ouvrage ou celle de son magazine ? Quoi qu'il en soit, après le prestigieux lycée du centre-ville, une nouvelle salve de question l'attend l'après-midi dans un autre établissement de l'agglomération. Si écrire n'est pas ce qu'il préfère dans son métier (il le dira dans une de ses réponses), il semble apprécier les échanges avec les jeunes. Morceaux choisis.

 

 

Costume

« Je n'ai pas choisi ce métier pour porter des costumes et être tout le temps dans un bureau. Je vais encore sur le terrain. J'en ai besoin égoïstement pour être en lien avec l'actu, trouver des idées de sujets, faire des rencontres. »

« Je n'ai jamais eu envie de faire de la TV, c'est un autre métier.»

« Ce qui me plait le plus, c'est le reportage, pas tellement d'écrire. »

 

Inacessible

« Pour moi journaliste c'était comme chanteur, inaccessible ! J'ai un itinéraire de bon élève : classe prépa, école d'ingénieur - qui ne m'a pas intéressé - et une troisième année au Canada. Je me suis investi dans le magazine quotidien de l'Université. Et là je me suis éclaté ! A mon retour je suis entré à l'école de journalisme de Lille où j'ai suivi une formation en un an. Grâce à ce double profil scientifique et journaliste, je n'ai jamais galéré. »

« Je conseille à ceux qui veulent trouver du travail dans le journalisme de faire des études différentes. Par exemple les profils de journalistes spécialisés en économie et finances sont très recherchés.»

 

Raconter une histoire

« L'ouvrage 'Prise de vues. Décrypter la photo d'actu.' (Ed Actes sud Junior) nous a permis d'avoir une autre temporalité, 6 à 8 mois pour travailler le sujet. C'est un gros changement de rythme par rapport à notre quotidien. »

« On peut tout photographier, mais on ne peut pas tout diffuser. Le numérique permet aujourd'hui de prendre du recul et de choisir les photos qu'on envoie aux rédactions. »

« Une bonne photo doit raconter quelque chose. Elle doit être complète pour permettre une compréhension immédiate. Elle doit comporter trois plans, certes mais pas que ! »

« De la même façon un bon article est celui qu'on a envie de continuer à lire, même si on vous interrompt. »

 

SDF

« Un des sujets de Phosphore dont je suis le plus fier, est un reportage sur un jeune SDF de 18 ans paru en 2012. Nous avons laissé le temps à la journaliste d'aller sur le terrain et trouvé un jeune qui acceptait d'être photographié. Ensuite, on nous a accusé d'avoir truqué la photo parce qu'elle était trop belle. Je ne suis pas d'accord. Une photo sur un sujet grave peut être belle. »

 

Grand frère

« Lorsque j'ai proposé une refonte du journal, qui était en perte de vitesse, j'ai proposé ce changement de vision. Nos lecteurs nous ont amené des sujets et de la matière. Grâce aux stagiaires de 3e et de lycée, les échanges sur Facebook, le concours « Devenez reporter pour Phosphore », nous nous sommes reconnectés avec les préoccupations de nos lecteurs. En vivant avec eux, nous nous sommes retrouvés plus proches de leur façon de se formuler les questions. »

« Nous prenons la posture de l'ami, du grand frère ou de la grande sœur pour aborder certains sujets, comme par exemple l'autorité. »

« Nous sommes dans un univers d'Internet, où on pond des articles à la chaîne, il ne faut pas que cela sente la chaise ! Je dois écrire comme si j'étais un ami qui te chuchotait quelque chose dans l'oreille à deux heures du mat' » Les choses doivent se vivre sur le terrain ! »

« Nous ne devons pas être un journal d'experts, mais un journal d'expérience »

 

 

Print ou web

« Je crois à la force de la presse écrite. Le papier est un objet fini. On a avec lui un contact charnel. Ce magazine est fait pour toi, il s'adresse à toi. »

Ndlr : ¾ des lycéens présents dans la salle disent ne pas lire de magazine ou journal papier.

« la crise de la presse est une crise de la demande. Peu de jeunes fréquentent les kiosques. Mais il y également une crise de l'offre. Peu de magazines parlent vraiment aux jeunes, à la bonne hauteur. »

« Phosphore n'a pas de concurrent direct, ni en France, ni à l'étranger, si ce n'est le temps dont dispose les lycéens et leurs usages d'Internet. »

« L'avenir de la presse avec l'arrivée des nouvelles technologies, me paraît porteur de richesses même si cette nouvelle économie bouscule un système qui marchait bien. »

 

Créatif

« De nouveaux médias apparaissent : Médiapart, XXI. A côté de cela, la presse jeunesse marche bien. Cela nous oblige à être créatif. Je crois beaucoup aux nouveaux systèmes participatifs qui permettent de financer des projets (Ululle, My major company, Kiss kiss bank bank...). »

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #articles généralistes

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OmniTech Support 01/10/2014 14:01

I’m a firm believer in the power of press. They can change the outlook of a society altogether. Recently I checked out the article on David Grosion. It was pretty impressive. However, I still don’t agree to some of the facts that were mentioned about him.

pascal 03/04/2013 07:46


Remarque après lecture : pas grand chose de neuf. Rien d'original, de nouveau, de créatif.
La presse n'a rien vu venir. Ça m'étonne toujours.