L'oiseau rare solognot

Publié le 15 Septembre 2005

    Laurent Charbonnier habite depuis 15 ans une maison au milieu des bois dans la Sologne de ses grands-parents. Entre deux tournages au long cours, il aime aussi filmer la faune dans ce coin du sud Loir-et-Cher où sa vocation de cinéaste animalier est née dès l’enfance. Rencontre et récit d’une passion.
 
 
Laurent Charbonnier n’est pas bavard, mais sort de sa réserve lorsqu’il parle des animaux qu’il filme et de sa vocation de documentariste animalier. J’ai la chance d’être reçue par lui et Maryse, sa femme et indispensable assistante, dans leur charmante ferme solognote, située en pleine nature, entre bois et prairies. J’y découvre aussi la tribu animale qui les entoure, vedette de certains de leurs documentaires : chiennes, chats, juments, ânes, oies et même mésanges, qui volettent par dizaines sur la terrasse. Et autour de la cheminée, le cinéaste me raconte ses tournages.

De la Sologne au Kenya …
Je me laisse volontiers entraîner sur les pas du caméraman. Tour à tour, je m’envole sur les ailes des flamants roses du lac Bogoria au Kenya, qu’il a filmés pour Le Peuple Migrateur, je parcours avec lui prés et bosquets du blésois à l’affût des Prédateurs d’Europe, je découvre étonnée les coulisses du tournage de Tapage dans la basse-cour, Veaux, vaches, cochons et Quand le chat n’est pas là trilogie originale tourné près de chez lui avec des animaux « imprégnés », puis sur la banquise en Alaska je grelotte, en observant le tournage du Dernier Trappeur, pour atterrir de nouveau près de la maison solognote à la découverte des cerfs dans un Chambord sauvage. Autant les opportunités de tournage emmènent parfois Laurent Charbonnier ailleurs en France et à l’étranger où il aime découvrir d’autres horizons et d’autres animaux, autant il est un oiseau du pays qui semble avoir besoin de revenir nicher régulièrement chez lui, là où sont ses racines.

Une passion enracinée depuis l’enfance.
Il naît et vit dans un petit village au Nord du Loir-et-Cher, mais déjà, passe toutes ses vacances chez ses grands parents à Bracieux, au sud de département, près de son actuelle maison.« Dès que j’ai eu ma première mobylette, je suis revenu presque tous les week-ends. Le sud de la Loire est bien plus beau que le Nord ! » raconte-t-il en riant. « J’aime la Sologne et en particulier cette région autour de Chambord et Cheverny. Elle a gardé de grands espaces vierges d’habitations. De la maison, nous pouvons partir à pied en ligne droite durant 4 Kms sans croiser un seul bâtiment ». Adolescent, il se promène déjà dans ces bois pendant des heures et observe la faune. À la télévision, il ne manque pas un épisode des « Animaux du monde » et … il rêve de devenir cinéaste animalier. Après un démarrage professionnel précoce à 19 ans, il sort quatre ans plus tard, La plaine aux busards tourné près de Blois. Ce documentaire remporte le prix Jean Sainteny, un must dans le domaine de l’ornithologie et de la nature, et le fait connaître des milieux écologistes. Depuis, en une vingtaine d’années, il a créé sa propre société de production (Laurent Charbonnier Production), tourné une quarantaine de documentaires animaliers (cf. encadré), et obtenu de nombreux prix dans des festivals nationaux et internationaux. « Gamin je ne pensais pas que j’allais y arriver », me confie- t-il, heureux de cette reconnaissance et presque étonné de pouvoir vivre tous les jours son rêve d’enfant.

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #portrait

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