une artiste engagée dans son pays

Publié le 14 Septembre 2005

Edwige Guillon est artiste peintre de profession, mais sa vie est aussi faite d’une suite de rencontres et d’engagements associatifs forts. Depuis 88, elle est atteinte d’une sclérose en plaques, qui l’oblige depuis quelques années à se déplacer en fauteuil et limite sa mobilité. Elle s’est donc d’avantage « ancrée » là où elle habite, dans le Perche sarthois, son pays d’origine. Là, elle multiplie les projets dans tous les domaines et contribue à faire vivre sa région avec une énergie débordante.

Edwige est une femme passionnée issue de la génération soixante-huit. Rien n’est classique dans son parcours qui a commencé par des activités artistiques, s’est enrichi d’engagements dans le domaine de l’écologie et a évolué depuis une quinzaine d’années vers des activités touristiques, avec en parallèle des actions très concrètes en faveur de l’accessibilité pour tous.

De la vie d’artiste au combat mondial pour l’environnement
Après des études de psychologie, Edwige part à 22 ans s’installer en Bretagne à la Gacilly dans un des premiers ateliers d’art créé sur l’initiative d’Yves Rocher. C’est peut-être de cette expérience que naît sa vocation artistique. De retour en Sarthe en 77, elle ouvre dans le vieux-Mans, l’atelier galerie d’art « Pleine Lune » où elle organise plusieurs expositions. Parallèlement ses convictions pour l’écologie l’amènent en 89 à créer l’association « le Jour de la Terre », et à mener diverses actions pour l’environnement à l’échelon tant régional que mondial. Invitée en 1992 à Rio, elle y reçoit le prix « Global 500 » décerné par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, destiné à encourager les personnes ou organisations œuvrant en faveur de l’environnement. Aujourd’hui et depuis sa sclérose, elle continue son travail artistique chez elle, au « Boulay » dans son atelier dont les vastes fenêtres donnent directement sur la nature dont elle est toujours très proche. Si elle voyage un peu moins qu’avant, ses toiles, elles, se baladent de ville en ville au gré des commandes (cet été, elles seront à Saint-Jean-de-Monts).

Des Gîtes à l’action touristique régionale
Dans sa belle ferme du Perche sarthois, qu’elle a hérité de son trisaïeul en 1983, elle ouvre en 1988 deux chambres d’hôtes. Trois ans plus tard, elle aménage un premier Gîte rural qu’elle rend accessible aux personnes handicapées et leur famille, après l’annonce de sa maladie. Elle rejoint au même moment l’Association des Paralysés de France, dont elle est aujourd’hui administratrice au plan national. Mais aussi, elle participe très directement à des projets à l’échelon de sa ville et de son département pour rendre accessibles à tous les espaces publics. Présidente de l’office de Tourisme du Pays calaisien depuis 95, elle crée par exemple ce qu’elle appelle « l’axe vert », un cheminement accessible à tous, qui traverse la ville d’Est en ouest, longe les quais de l’Anille au centre ville, traverse un jardin conservatoire (en construction) et rejoint les bords du plan d’eau d’où l’on peut aller au labyrinthe du Moulin d’Ars, une des réalisations dont elle est aussi à l’origine (voir encadré). Et depuis le début 2002, elle a pris de nouvelles responsabilités au sein des organismes locaux comme le « Conseil du Perche sarthois » où elle représente les acteurs touristiques, en attendant de nouveaux projets sur lequel ne manqueront pas de la solliciter les uns ou les autres.

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #portrait

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