Meubles de bois et perles de verre

Publié le 14 Juin 2007


J
ulien et Clotilde Bonnal, quarantenaires et parents de deux adolescents sont de la génération post soixante-huit: aussi idéalistes, mais peut-être plus pragmatiques que leurs aînés. Récit d’une aventure lozérienne et d’un projet de vie au cœur d’une région belle mais rude, où la pluriactivité s’impose.

Julien, lozérien de souche, sur plusieurs générations, a tenu à rester pour vivre et travailler au pays. Issu de cette terre des Cévennes, de moyenne montagne, royaume des chataîgners et des moutons où l’on exploitait traditionnellement le ver à soie, il décide dans les années 90, d’acheter 70 hectares de terres, comprenant quelques maisons en ruines - le hameau de la Farre - sur la commune de Saint-Germain-de-Calberte, entre Florac et Alès. Clotilde, parisienne d’origine et graphiste de métier, tombe à la fois amoureuse de l’homme et du pays et s’installe avec lui. Grâce à la revente des terrains, ils acquièrent un capital, tout en aidant aux reconstructions et en contribuant à la renaissance d’un « village », peuplé aujourd’hui d’une trentaine d’habitants à l’année. En 2000, ils choisissent de se consacrer à la reconstruction du Mas Abeihls, situé à 500 m de là, pour en faire un lieu de vie pour leur famille, ouvert aux touristes de passage. La maison est en mauvais état. Pourtant le lieu, sublime, avec une vue plongeante sur toute la vallée, leur permet de rêver leur projet et de reconstruire une nouvelle demeure à partir de l’ancienne. Les talents de bâtisseur de Julien, menuisier de profession, se marrient avec le sens esthétique de de Clotilde, artiste peintre et créatrice de bijoux par ailleurs. « Nous avons voulu une architecture sobre et simple, respectueuse du caractère cévennol, mais habillée de touches contemporaines et de couleurs pour apporter de la gaieté» explique t-elle. Au sol, une mosaïque de lauzes taillées en carrés contraste avec une frise en pâte verre de couleur. Dans chaque pièce, un mur aux couleurs vives fait face aux autres cloisons blanches. Ici et là, d’étranges meubles-sculptures habitent les pièces. Ces objets usuels originaux, taillés dans la masse du tronc d’arbre, et hérités du père artiste de Julien, contribuent à donner un style et un supplément d’âme à la maison. Depuis 2001, les quatre chambres d’hôtes du couple fonctionnent. « Notre activité d’accueil marche très bien en juillet et août et le reste du temps à mi-temps en moyenne entre avril et mi-octobre » raconte l’hôte. Leur table se garnit chaque fois de mets savoureux pour leurs visiteurs. « Une bonne table familiale » comme la présente la cuisinière. Elle aime utiliser les produits fabriqués localement comme par exemple la chataîgne ou les pélardons (petits fromages de chèvres), en les remettant au goût du jour avec des recettes modernes. Les légumes viennent de leur potager, les fleurs des champs –comestibles bien entendu- ornent souvent les mets. Dans ce coin de paradis du bout du monde, rien de trop et pourtant déjà bien assez pour donner envie de poser ses bagages.

Article extrait du dossier "Terre de Cévennes, la Lozère au coeur" paru dans le magazine Gîtes de France du printemps 07

Rédigé par Marie Remande-Archer

Publié dans #portrait

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