Elisa, l'art à la campagne

Publié le 5 Juin 2006


Parisienne d’origine, Elisa Fiasca est arrivée dans le Perche en 96 et ne l’a plus quitté, même quand elle a dû refaire sa vie. Un coup de coeur pour le petit village de la Perrière, lieu d’accueil de nombreux artistes, l’a ancrée dans cette région de collines et de bocage où elle s’engage pour des projets artistiques tous azimuts. 

Pour l’amour du Perche...

Elisa Fiasca a posé ses pinceaux à la Perrière, à l’Ouest du Perche, depuis six ans. Elle a trouvé ici une terre d’accueil calme et belle, mais aussi vivante, où l’art s’épanouit dans un environnement naturel et bâti de qualité. L’artiste aime profondément la nature, le vallonnement de la région, les haies et le bocage, à mille lieux de la platitude et des grandes étendues de la Beauce. „Même lorsque l’on fait peu de kilomètres, on a l’impression d’avoir voyagé longtemps“ raconte t-elle. Elle aime aussi les maisons du Perche „elles me font parfois penser à des petits champignons qui auraient poussé directement de la terre“.  Leurs enduits chaux et sable de couleur ocre lui évoquent un peu l’Italie de ses origines.

...et de la Perrière

„Le panneau Perche, terre d’accueil que j’avais trouvé à mon arrivée n’était pas qu’un slogan publicitaire“ nous livre Elisa, „dans ce pays rural les sourires sont plus fréquents qu’à Paris. C’est ce qui m’a décidée à rester quand je me suis séparée de mon mari“. Lorsqu’elle visite La Perrière, elle sent d’emblée que c’est là qu’elle doit vivre. Dans ce village très prisé, elle a la chance de trouver très vite une maison, celle-là même où vivait l’instigateur du Marché d’art. En forme de boutade, on lui lance“ si tu achètes sa maison, tu dois aussi reprendre en main la manifestation!“. Elisa se prend au jeu et accepte la présidence de l’association „La Perrière tous ensemble“.

Un marché d’art atypique et convivial à la campagne

En 2006 le Marché d’Art fête ses dix ans. Depuis quelques années, Elisa participe activement à la sélection des oeuvres et à la promotion de cette manifestation. Cette année 120 artistes plasticiens de tous les domaines exposent à la Perrière. Comme tous les ans, les rues, les ruelles, les maisons, les jardins, les granges et les caves sont prêtés par les habitants et transformés en galeries d’art.  A ce moment-là, tout le village se mobilise pour ranger, mettre en valeur, fleurir... afin de pouvoir ouvrir ses portes aux 12 000 visiteurs qui affluent en moyenne le dimanche et lundi de Pentecôte. „Notre marché d’art est connu pour sa convivialité et son esprit bon enfant. On aime pouvoir entrer chez les gens et apprécier la beauté du petit patrimoine en même temps qu’on découvre les oeuvres, parfois dans des lieux très insolites.“

Une artiste engagée

Elisa peint dans son atelier chez elle, mais elle donne aussi des cours, anime des stages d’art plastique et, pour compléter ses fins de mois, exerce comme graphiste free-lance. „À la campagne, pour tenir, il faut être pluridisciplinaire, inventif et travailleur“. Mais elle ne se bat pas que pour elle-même. Surfant sur la vague et la popularité du Marché d’art de la Perrière, elle crée dans le village en 2002, avec un autre artiste, l’association Label Friche dédiée uniquement à la promotion de l’art contemporain. Dans les 730m2 d’une ancienne usine en friche, des ateliers sont implantés. Chaque année un événement nouveau est créé. Ainsi du 16 au 24 septembre 2006, l’opération „galeries fugitives“ animera les six villages de la communauté de communes sur le thème „Résistance, résistances“.

Paru dans le Magazine Gîtes de France n°75 – Eté 06 -

Rédigé par Marie Remande-Archer

Publié dans #portrait

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