Pâques à la Piscine

Publié le 18 Avril 2006


Prenez un week-end à priori pas marrant : Pâques. La souhaiter joyeuse à tous, s'ennuyer fermement dans des repas de famille interminables, faire semblant de ne pas trouver des oeufs le dos courbé en deux à ne pas s'en relever alors qu'il gèle dehors, traîner votre ado dans cette galère, rire aux blagues de votre cadette, ne plus se souvenir ce qu'on fête et si le jour le plus important est le dimanche ou le lundi...
Et prendre le contre-pieds. Partir deux jours en famille à Lille, chez des amis - vous êtes invités déjà depuis trois ans (vous avez déjà manqué Lille 2004, capitale européenne de la Culture!) - et tester le TGV en direct, trois heures Tours-Lille, vive la technique!

Et voilà la bonne surprise.

Vous dormez comme des pachas dans une maison digne d'un 3***, vous vous  régalez à une table méritant une coquille Michelin, vous vous découvrez curieux, flanant dans les rues piétonnes du Vieux Lille coloré et flamand, découvrant ébahis tous les étages du gigantissime Petit Furet du Nord (La librairie de la ville) place du Général de Gaulle, fendant la foule du marché multiculturel de Wazemmes après un détour pour toucher la sur-façade metallique bosselée d'une "maison Folie", centre culturel archi-moderne d'un quartier populaire de la capitale du Nord. Sur les fenêtres, une exposition de design/BD, affiche en couleur l'engagement du lieu : "l'art est dans la rue, l'art aidant la rue".

Le lendemain, vous partez en carosse - j'en tais la marque faute d'avoir décroché un sponsoring - vers le Nord, destination le Mont Noir. Vous en avez encore des frissons dans le dos d'imaginer ce qui vous attend, un nom pareil ne peut que porter malheur. Le brouillard et la pluie accompagnent le voyage, et... vous arrivez  dans un parc dédié à Marguerite Yourcenar, résidence d'écrivains en pleine forêt. Au loin le plat pays à perte de vue.  On en rêverait si le temps n'était pas si sombre et le ciel si bas. Les sentiers de randonnée sont ici émaillés de citations d'auteurs régionaux : "une plaine par temps clair, l'horizon partout visible, la lumière indivisible, du recueillement dans l'air" de Pierre Emmanuel extrait de L'évangéliaire. Pour réchauffer l'atmoshère et sécher vos manteaux, vos amis vous offrent une bière belge (on est à deux pas de la frontière) dans un estaminet flamand au pied d'un moulin, si typique, qu'on s'attend à en voir surgir le meunier, la gueule encore enfarinée.


Dernier jour, vos hôtes vous proposent d'aller à la Piscine. Aïe, vous avez oublié les maillots de bain! Peu importe. Si les cabines et le bassin sont restés, la baignade n'est désormais plus possible dans cet ancien bâtiment art-déco construit en 1835, temple du corps et de l'hygiène.  Devenu aujourd'hui Musée d'Art et d'Industrie de Roubaix, la Piscine récemment reconstruite par l'architecte J.P. Philippon, expose fièrement le patrimoine textile roubaisien ainsi qu'une riche collection de peintures et sculptures des XIXème et XXème siècles (Ingres, Claudel, Dufy, Cogghe, Weerts...). Ah, magnifique Roubaix, pas seulement synonyme de vente par correspondance! (si, si vous avez déjà commandé des articles via le centre de Roubaix, cherchez bien...).

Et vous voilà de retour à la maison. Elle vous paraît petite, étriquée. Vous rêvez d'agrandissement, de terrasses, de verandas, de deuxième étage en verre et...vos enfants décident de refaire leur chambre, illico, ça démanage au premier!

Il est des voyages courts qui vous font voyager loin et longtemps.


 

Rédigé par Marie Remande-Archer

Publié dans #articles généralistes

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Tiflo 26/04/2006 09:31

C'est gentil de promouvoir notre belle région, si souvent décriée.N'hésites pas à revenir, il y a encore pleins de belles choses que tu n'as pas vu, la côte d'opale, le Boulonnais, l'avesnois, ...