Claudine Cormerais, créative culturelle* à Léotoing

Publié le 29 Septembre 2008

Histoire d'une femme volontaire qui, dans son village de Haute-Loire, mène son petit bonhomme de projet écotouristique avec une poignée de passionnés. 

Claudine Cormerais parle comme    elle agit, à 1000 à l'heure. Les mots comme les projets se chevauchent, mais les idées s'enchaînent et tout semble cohérent. Elle a construit dans son bout du monde un projet écotouristique, agricole et culturel global, que rien ni personne, pas même le manque d'implication des politiques locaux, ne semble pouvoir arrêter.


Léotoing de loin

«Léotoing était le bout du monde, il fallait un esprit un peu sauvage pour y venir », raconte l'ex-parisienne. Séduite par la région lors de vacances familiales, elle achète pour un mois de salaire en 63, à l'âge de 20 ans, une petite maison de deux pièces, sa « bicoque ».

En 1976, avec son mari, elle acquiert les ruines d'à côté dont ils remontent progressivement les murs. La maison s’agrandit au fil des passages des amis et des naissances. « Mes deux enfants gardent une forte attache affective à ce territoire, mais aussi à la qualité de la nature et du patrimoine local », explique t-elle. Elle se lance avec son conjoint dans un projet à la fois touristique, agricole et éco-touristique, avec l'aide de financements issus des travaux de la Méridienne (A75). Suite à un grave accident de son mari en 82 qui a réduit sa mobilité, il envisagent d’anticiper leur retraite et de venir s'installer à Léotoing. Sous leur impulsion, la commune lance un audit auprès d’un architecte, Arnaud Maurières. Paysagiste de génie il vient de réaliser les « Jardins de Paradis » à Cordes-sur-ciel dans l’Aveyron . Il préconise entre autres de recréer un paysage de terrasses de pierre sèche. 

  Encore plus de travaux

  Ils s'installent finalement en 2001 à Léotoing. Mais Bernard meurt subitement d’un infarctus. Claudine ne sait plus quoi faire. Poussée par ses enfants, elle vend tout à Paris pour investir dans la rénovation de sa maison et financer les travaux des chambres d'hôtes. En 2003, elles ouvrent 6 mois par an. En 2006, elle décide de s'adresser à une clientèle haut-de-gamme et engage une seconde tranche de travaux pour créer table d'hôtes et une piscine, qu'elle veut écolo, en béton brut pour la clarté de l'eau et alimentée par les eaux pluviales. La maison en pierre se flanque d'une extension écologique à ossature bois, qui abrite une cuisine très pro, un séchoir et une lingerie. Le toit devient terrasse végétalisée avec des panneaux solaires. Pour ajouter à la cohérence du projet, elle achète local et bio pour la table d'hôtes.

  Complet toute l'année

 Avec des débuts difficiles où la chambre d'hôte stagne bien qu'une ferme auberge proche lui envoie beaucoup de clients, elle doit aussi affronter l'hostilité des habitants pour qui elle reste la Parisienne. Les touristes troublent la tranquillité de leur village.

En 2006, elle franchit un nouveau cap. Sa fille a l'idée de contacter Week-end desk, une formule de coffrets cadeaux, partenaire récent des Gîtes de France. Ses chambres d'hôtes décollent. « Depuis juillet 2006, je dois désormais gérer 50 appels et 30 mails par jour» explique l'hôte, « je dois avoir une capacité à réagir vite car la réservation intervient parfois le jour même et pour une seule nuité ». Elle affiche désormais complet de l'ouverture mi-avril à la fermeture mi-novembre. Serait-ce la piscine, le charme des chambres et de la table qui les attire à Léotoing ou bien plutôt un certain art de vivre au quotidien?

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« Léotoing, site ressource en vallée d'Alagnon » a été labellisé « développement durable » en mai 2005 par le Ministère de l'environnement sous l'impulsion de Claudine Cormerais et de l'association « les amis de Léotoing ». A la clé, plusieurs emplois : celui de Pascale, jardinière embauchée pour créer un jardin botanique et un parcours d'interprétation, celui de Christian, murailler, qui reconstruit les terrasses de pierre sèche en écailles, ceux d'Antonio, agriculteur bio maraîcher (culture de fruits rouges, de plantes à tisane et maraîchage) et de Jocelyne, sa femme, mère de quatre enfants, qui travaille désormais à plein temps à la Buissonnière aux côtés de Claudine pour la soulager de trop de travail. « Le puzzle économique se met en place » explique l'hôte, « j'aimerais tant que les élus comprennent combien notre activité rapporte directement et indirectement au village! »

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* Le terme « créatif culturel » vient d’un ouvrage paru aux éditions Yves Michel. Il désigne toute personne qui invente, au quotidien, des modes alternatifs d’être et de vivre sa vie personnelle et sociale. www.creatifsculturels.fr

 

Rédigé par marie remande

Publié dans #articles généralistes

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marie 01/10/2008 15:32

oui si vous voulez. Contactez moi plutot sur mon autre mail marie.remande@numericable.fr

aurélie BRU 01/10/2008 13:00

bonjour,je suis journaliste free-lance comme vous et j'aime bien votre blog,j'ai aussi travaillé dans l'environnement, nous pourions peut-être communiquer?àbientôtaurélie