J.F. Hellio, l’oeil à l’affût

Publié le 11 Février 2008

                                                                     
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Photographe naturaliste, fervent amoureux de la Brenne, Jean-François Hellio a été, depuis son installation en 1982, un des plus grands défenseurs et ambassadeurs de cet espace fragile et sauvage, à travers ses livres et ses photos, cosignés avec son associé, Nicolas Van Ingen.


Depuis 25 ans et leurs premières photos de leur région, ils ont ensemble usé des kilomètres de pellicules ici et sur d’autres terres du globe à l’environnement exceptionnel, mais fragilisé. Et leurs photos sont parues dans Géo, Terre Sauvage ou National Géographic. Rencontre de ce Brennou d’adoption sur son terrain d’aventure quotidien.


Comment avez-vous été accueilli en Brenne, alors que vous n'étiez pas un local?
En 1982, lorsque je suis arrivé, on me regardait de travers. Non seulement je n'étais pas né ici, mais en plus, j'étais considéré comme un écolo qui ne comprenait pas les problèmes des habitants.La sortie de notre premier livre « Brenne sauvage » en 1984, a tout changé. Les Brennous ont vu que nous nous intéressions autant aux gens du cru, à travers des anecdotes sur la pêche, le braconnage, qu'à la faune.
J’ai été irrespectueux, notamment envers les gros propriétaires féodaux qui exploitaient les gens, j’ai donné des coups de pied dans la fourmillière. Mais nous avions les médias avec nous en tant que photographes, car nous connaissions les rouages de la presse. Les locaux ont acheté notre ouvrage et la reconnaissance s'est faite. Nous avons été acceptés. 

Pouvez-vous raconter vos plus grandes émotions vécues au contact de la nature en Brenne?
Un des moments forts pour moi a été la réalisation d'un de nos premiers reportages sur les grèbes à cou noir, un oiseau d'une beauté rare, très difficile à observer, et très peu connu à l'époque.Considérés dans le monde des ornithologues comme des traîtres (nous dérangions les oiseaux), nous nous sommes lancé le défi de photographier des parades nuptiales.Nous avons créé un affût flottant (technique reprise aujourd'hui par tous les photographes) et avons passé des mois dans l'eau à observer, dans des conditions pas toujours confortables.Au bout de l'attente, est né un reportage d'une qualité visuelle exceptionnelle qui s'est très bien vendu, notamment au Figaro Magazine. Depuis, ces oiseaux sont devenus nos mascottes.
Je pense que l’image que la Brenne véhicule à l’heure actuelle est en grande partie dûe à notre travail. La photo a un pouvoir évocateur et de sensibilisation très important.
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En voir et en savoir plus :
www.parc-naturel-brenne.fr et www.hellio-vaningen.fr


Article paru dans le n° 79 (hiver)  de la revue Gîtes de France 




Photo Manon Archer

Rédigé par Marie Remande

Publié dans #portrait

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