L'Orne a du charme et du style

Publié le 3 Novembre 2005



Peu connu des touristes le département de l’Orne ? Certes cet arrière-pays normand souffre de plusieurs handicaps : pas de grande métropole régionale génératrice d’activité économique et d’emploi, pas de grandes infrastructures et liaisons terrestres. Il faut dire que la douce Orne, terre de bocage, forêts et habitat typé, a longtemps oublié de faire connaître ses charmes auprès des visiteurs extérieurs. Heureusement, aujourd’hui, la belle endormie se réveille grâce aux actions des organismes touristiques locaux et à l’énergie de porteurs de projets.

Redorer l’image touristique de l’Orne
Une grande étude commandée en 2003 par le Comité Départemental de Tourisme a montré que l’Orne souffrait d’un important déficit d’image. Pour y remédier, le CDT a pris le taureau par les cornes -pays d’élevage oblige - et une toute nouvelle politique de production et promotion touristique a suivi. Depuis l’automne 2003, la signature L’Orne en Normandie situe désormais clairement le département dans sa région, elle très connue. De nouveaux thèmes et tendances se déclinent « pays » par « pays » (du Perche au Bocage Ornais en passant par le Pays d’Ouche et le Pays d’Alençon). Ils donnent le ton à des courts séjours thématiques destinés aux « euro-urbains ». Une vaste campagne de communication, étendue en 2005 à l’affichage dans le métro parisien, s’appuie sur la notion d’élégance et de style. De quoi séduire de nouveaux clients pour des escapades de deux à trois jours, de quoi donner de nouvelles envies de balades aux touristes fidèles à la région.

Des clients de proximité amateurs d’authenticité et de nature
Les enquêtes récentes réalisées par le relais de Gîtes de l’Orne définissent les contours de ceux qui fréquentent déjà les Chambres d’hôtes et Gîtes ruraux. Pour découvrir le département, les touristes viennent majoritairement des villes. Les visiteurs français sont franciliens puis normands (surtout le Havre et Rouen). Les étrangers arrivent de Grande-Bretagne et Belgique. En chambre d’hôtes, leurs séjours sont plutôt courts : du passage, comme sur la route du Mont-Saint-Michel, (51% des clients dorment une nuit dans le département) aux week-ends autour d’un site (Le Haras du Pin, le village de Camembert …), d’une activité dominante (bien-être dans la station Thermale de Bagnoles-de-L’Orne …) ou d’une visite à des parents et amis. Les chambres d’hôtes accueillent 63% de plus de 50 ans et surtout des retraités. En Gîte rural, les plus de soixante ans représentent 25% des clients, les quadras et quinquagénaires, 45%. Ils aiment la proximité de la nature dans ces paysages de bocage peu urbanisés, rassurants et typés.

Coups de cœur
  •  Ornella, une vache très glamour, mascotte du nouveau site Internet du Comité Départemental de Tourisme. Elle aime le Camembert et vit des aventures sentimentales orientées au fil des mois par les internautes. Voir la page Ornella Fan Club sur www.ornetourisme.com
  • Le nouveau guide régional des Gîtes ruraux de Normandie (2005) où l’Orne affiche ses hébergements à côté de ceux du Calvados, de l’Eure, de la Manche et de la Seine-Maritime, avec des pages colorées et vivantes sur les richesses touristiques du cru, mais aussi des idées malines de randonnées, visites et dégustations par « pays ».
  • La ferme du cheval de trait située à Juvigny-sous-Andaine propose durant l’été 2005, une exposition d’une vingtaine d’étonnants épouvantails créés par une artiste, en complément au spectacle équestre de voltige d’une heure qui met en scène et réhabilite les percherons, forts et élégants chevaux de la région, autrefois très utiles aux travaux agricoles. 

Des pommes, des poires, des fruits rouges et des chambres d’hôtes

Marie Brunet, jeune agricultrice à Saint-Denis-sur-Villenette, dans l’Orne, a résolument choisi l’agrotourisme pour faire vivre l’exploitation qu’elle dirige avec son mari Pascal depuis 8 ans. En 2001, pour travailler avec lui, à temps très complet, elle a quitté son poste d’enseignante en lycée agricole, qui assurait auparavant un complément de revenu. Ils arrivent aujourd’hui à bien vivre de la culture et transformation de pommes, poires et fruits rouges tout en accueillant des touristes dans leurs cinq chambres d’hôtes et en les régalant à leur table. 
Mais comment expliquer que leurs hébergements dépassent très largement la moyenne de fréquentation ornaise avec cent quarante-cinq nuitées par an en moyenne ? Dans ce département pourtant rural, peu d’agriculteurs créent des Chambres ou Gîtes ruraux. Les animaux de la ferme de la Prémoudière – poules, lapins, âne, chèvres – attirent donc beaucoup les familles avec enfants comme les seniors. Tous apprécient aussi la cuisine mise à disposition près de la salle commune.  Et puis les hôtes aiment découvrir à table ou dans la boutique, les savoureux produits du couple Brunet : fruits rouges (fraises, cassis, groseilles, framboises) frais ou transformés en confitures, cidre fermier, poiré, jus de pomme, jus de poire et leur petit dernier appelé « nature de poire », un apéritif à 17° aussi doux que le paysage environnant. Marie, élue présidente du syndicat des producteurs de Poiré l’année dernière, défend avec les 29 autres adhérents, l’image de cette boisson, petite sœur du cidre, spécifique au bocage Domfrontais et devenue A.O.C. en 2001. L’adhésion à ce label de qualité séduit les clients : ils reviendront l’an prochain ou recommanderont une visite au pays des poiriers haute-tige.


Pour en savoir plus...
 www.gites-de-france-orne.com et  www.ornetourisme.com .


MRA
Article réalisé au printemps 2005 pour le magazine Gîtes de France

Rédigé par Marie Remande-Archer

Publié dans #articles généralistes

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