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"Il faut du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse." F.Nietzsche

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Le principe de mon blog : des articles de ma production mis en ligne, plus quelques photos légendées. Bonne lecture.
Mardi 2 juin 2009

sept nuages blancs en file

toile bleue derrière les toits gris
vigne vierge
Par Marie Remande - Publié dans : poème - Communauté : journalistes pigistes
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Vendredi 22 mai 2009
Il forge, elle décore. Il jardine, elle cuisine. Ils ont  lâché leur vie d'avant, des emplois bien payés  et des responsabilités dans l'aviation civile. Depuis huit ans, Christian et Dany Fabry marient leurs talents d’artisans d’art de l’accueil dans leur demeure champêtre du Haut-Anjou.
 
« La maison, on a eu l'impression qu'elle nous attendait » explique Dany à propos du Rideau Miné, haute bâtisse XVIIe en pierre de Thorigné-sur-Anjou, qu'ils acquièrent en 2000.  Pas à pas, ils construisent leur projet tels deux oiseaux laborieux qui, brindille après brindille, façonnent leur nid. Trois ans plus tard, après une restauration attentive et respectueuse du bâti d'origine, ils ouvrent deux chambres d'hôtes au premier étage.  « Prairie », aux tonalités vert mousse, précède la seconde,« Rivière », une suite construite grâce à une extension de 40 m2 réalisée dans le respect du bâti ancien. De ses larges fenêtres, qui donnent sur un bras de Mayenne, les hôtes observent une presque-île sauvage cerclée de verdure, parsemée d'iris d'eau et peuplée d'arbres. « On est vraiment pas tous seuls ici. » souligne Dany. Les berges de la rivière sont habitées de lièvres, de hérons, de nichées de canards et de hulottes.  Récemment, un hôte a même aperçu trois biches dans la propriété. La dernière chambre - « Camille » du nom de son ex-habitante la fille cadette partie en 2004 de la maison – s'ouvre sur un espace commun aux trois « nids » touristiques. Ce palier accueille le piano blanc de la famille musicienne côté  femmes. Aujourd'hui, les notes romantiques de la bande originale du film la Leçon de Piano courent et volent à travers la maison, sortent par la fenêtre, frôlent la terrasse, entrent dans une oreille émue reposée de sa sieste dans le hamac.

Elle cuisine

De la cuisine s'échappe une odeur de petits oignons caramélisés.
« J'ai toujours adoré cuisiner. Mon rêve était d'ouvrir au départ un restaurant. Mais c'était plus de l'ordre du fantasme» raconte la fée des casseroles. Créer une table d'hôtes, pour régaler les touristes qu'elle héberge, s'avère finalement un bon moyen de faire vivre sa passion. Chaque matin, elle commence par un marché dans les villages de la région. Elle y trouve, entre autres, viandes et poissons. Christian, jardinier « pour le plaisir », ramène du potager/verger les légumes et fruits du jour. Il les cultivent sans engrais chimiques, ni pesticides. « Nous n’achetons par exemple jamais de tomates avant l'été. Nous aimons attendre que les nôtres mûrissent » commente le couple. Leur collection s’étend des tomates ananas, idéales pour un décor d’assiettes, aux noires de Crimée, en passant par les cornues des Andes, allongées comme des poivrons rouges et les green-zébra, belles vertes. « Je cuisine à l’inspiration. Je refais très rarement deux fois la même recette » assure Dany.

Il forge
Du gris du ciel jaillissent soudain les gerbes de feu venues de l’outil de Christian. Il a sorti son chaudron dans la cour pour initier son hôte apprentie du week-end. Maître chaudronnier, ancien ouvrier doué, Christian a eu beau se former et changer de métier pour progresser dans sa carrière, l’appel du fer est resté plus fort que tout. Il y revient pour les loisirs quand ses enfants quittent la maison. De dompteur de métal, il devient dresseur de tiges de fer. « Quand j’arrive à prendre quelques heure à mon activité d’accueil épuisante pour passer du temps dans mon atelier, j’ai l’impression de me reconstruire. » explique le forgeron autodidacte. Les touristes profitent aujourd’hui de tous ses meubles et objets, du lutrin aux pieds de tables en volutes, offerts à des amis puis dupliqués pour le Rideau Miné. Rien n'arrête la puissance du fer à souder de Christian, pas même le défi d’organiser chaque année depuis trois ans un stage d'initiation individuelle à la ferronnerie d'art. Dès le samedi soir, le pied de lampe se forme au prix d’une grande précision. En attendant, la barque ventrue qui repose à l'envers près de la rivière, observe, impatiente, ces drôles de chevaliers qui n'ont d'yeux que pour le marteau et l'enclume. Honoreront-ils leur promesse de balade au fil de l'eau demain dimanche ?
Photos:  Laurent Fabry

article paru dans le n°83 de la revue de la fédération nationale des Gîtes de France, rubrique "Terre de coeur".
Par Marie Remande - Publié dans : portrait - Communauté : journalistes pigistes
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Mercredi 6 mai 2009
Chers lecteurs fidèles de mon blog, je ferai ce que j'ai dit dans le précédent article dès que je peux. Il faut pourtant  que je vous parle auparavant d'un beau film docu à ne pas manquer.

Vite fait, au petit matin, l'heure où les oiseaux commencent à triller sévère, l'heure juste avant mon thé, juste avant ma douche, j'ai soudain comme une évidence et une urgence à écrire quelques mots sur No Pop corn on the floor, le film que j'ai eu la chance de voir hier soir, en avant-première dans ma salle de ciné, les Studios à Tours. Une obligation d'écrire quand un film vous séduit comme ça, l'air de rien. Une histoire forte et mouvementée, celle d'une équipe de passionnés qui se bat par amour du cinéma pour faire vivre au quotidien une salle d'art et d'essai à Bayonne, l'Atalante avec une programmation exigeante faite de films d'auteurs du monde entier trop peu connus, sous la houlette de son magnifique et combatif directeur, Ramuntxo Garbisu. Je dis magnifique juste pour la coupe de cheveux of course (voir la décoiffante scène chez la coiffeuse), faut dire qu'il est sorti de l'écran à la fin, venu d'on ne sait où, jusqu'à Tours pour présenter le film et discuter avec nous (merci!) et que je l'ai trouvé beau en vrai aussi, comme le réalisateur Gaël Mocaër, tout bronzé (il avait dû faire des UV pour la présentation avant, vous croyez pas? ;-).
Merci à vous Gaël, pour votre film,  pour l'humour et la poésie et pour être venu nous le présenter hier soir.

Et hier soir en m'endormant  le débat se prolongeait dans ma tête : Pourquoi Ramuntxo a t-il quitté le navire Atalante, pourquoi n'a t-il pas lâché du lest en y faisant passer des films plus connus pour rendre le cinéma plus viable économiquement, mieux payer les salariés tout en programmant aussi des perles moins "promotionnées", moins aspiratrices de spectateurs et en essayant d'amener tous ces gens à venir les voir aussi? Il nous a répondu, lors du débat qui a suivi après la projection, comme le film répond (rassurez vous, le film n'est pas chiant et le propos n'est pas grossièrement démontré, il l'est par touches, avec art) que programmer des films à gros budget fait de l'ombre aux moins connus et que du coup, c'est la mort programmée du cinéma d'auteur.
Personnellement je ne suis pas une cinéphile, je ne lis pas les cahiers du cinéma - même si un de mes films préféré parmi les préférés que j'ai vu plusieurs fois est "Les ailes du désir" de Wim Wenders (ouah, le plaisir que ça m'a fait quand Ramuntxo a dit que ce film était une référence pour lui). Je vais au ciné quand je peux (pas autant que j'aimerais), disons une fois par mois en moyenne et j'essaie d'aller voir autant des films à gros budget (de Volver d'Almodovar à Harry Potter il y a quelques années avec mes enfants), que des plus confidentiels, quand il sont présentés de manière tentante dans les carnets des studios (merci à eux de nous informer).

Allez tous voir No Pop Corn on the floor, (un film indispensable pour le monde du cinéma?) parlez en autour de vous. Rien que pour la scène drôlatique où le directeur de l'Atalante appelle l'évêché pour demander comment faire pour que son cinéma soit miraculé, ou pour celle touchante où une femme de 90 ans achète sa place de ciné, au plein tarif (pas de réduction 3e âge) et offre quand même une "merveille" au caissier, et où on la voit en fondu respectueux entrer dans la salle en arrière plan du sac de boulangerie dans lequel la main de l'homme plonge. Et puis plein d'autres, la scène de la scéance gratuite noyée sous l'orage, celle du mégaphone avec la voiture rose et le mot de la fin que je me dois de taire
.


Par marie Remande - Publié dans : brève - Communauté : journalistes pigistes
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Dimanche 19 avril 2009
Pour ne pas tomber dans les conventions, j'ai décidé ce matin dimanche de travailler ou plutôt de partager un peu de mon travail ici à nouveau. Je veux que ce blog rende compte et serve aussi à présenter mon activité journalistique, plutôt foisonnante ces derniers temps.

Dans les semaines qui viennent je mettrai donc en ligne des articles récents que j'ai écrits et qui sont parus, ou mieux en exclusivité, à paraître, si j'ai l'accord des rédactions pour lesquelles je collabore.

Mais j'aime ménager le suspens, alors il faudra patienter un peu, car je m'aperçois que le temps me manque ce matin. N'ayez crainte, il vous suffira d'attendre la semaine prochaine, le retour de vacances bien méritées. Direction tout à l'heure le col de Vallouse, pas loin de Nyons, dans la Drôme provençale.

En attendant je vous laisse une photo de ma chère Loire d'adoption et un nouveau mot du jour.



A très bientôt.
Par Marie Remande - Publié dans : photo - Communauté : journalistes pigistes
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Lundi 13 avril 2009
Certains partent en week-end de Pâques à Barbacane les canards dans leur maison de campagne, le sécateur en bandoullière, la peinture blanche et tout le matériel dans le coffre de la beak. D'autres vont festoyer autour du roti familial après la messe du dimanche, vous reprendrez bien un peu de gâteau à la crème? Un autre se tape la tête contre son mur, son pote de solitude, sa torture, vivement mardi, le boulot, la vie, les autres.  Ailleurs, rien de spécial, ou tellement de choses, un premier baiser, un gamin qui marche sur une bombe à sous-munition, la télé qui tourne, un match de foot, une première dent qui tombe...
Moi, ce week-end, avec ma petite famille ordinaire et géniale, j'ai laissé en douce la quelque peu loukoumesque et émoliente Tours, jolie petite ville à taille humaine, traversée par la lente et sauvage Loire. Petite ville charmante Tours au demeurant, où vivent aussi plein d'amis que j'aime. La ville où j'ai choisi de poser mes valises avec mon homme depuis neuf ans après avoir osé vivre mon rêve d'enfant d'habiter à la campagne. Avions choisi un village de la Gâtine Tourangelle. Cinq ans de rude campagne, la soldate est restée quelque peu à terre, avant de se relever groggy, pour reprendre sa route cahin-caha avec ses deux bambins sous le bras et un mari, lui aussi décoiffé de tant de séparations et de boulot loin de nous, moi si en manque de sa présence.
Bref, je reviens à mes moutons, pas ceux de la campagne, ceux de l'histoire.
Ce week-end donc, destination Vitry-sur-Seine", ville du Val de Marne, black blanc beur, réputée banlieue "chaude" de la région parisienne. Faut dire que certains petits cons (le mot est faible) y ont tuée et brûlée vive Souan, une jeune fille de la cité Balzac, il y a quelques années de ça. Pour moi Vitry, c'est aussi la banlieue de mon enfance, bien au chaud dans le petit pavillon du quartier de la gare.
Ce week-end on réaménage la maison de Pierre et Thérèse. Non, pas ceux du "Père Noël est une ordure", film culte avec la troupe, non moins culte, du Splendid. Non, Pierre et Thérèse, mes parents, septagénaires humanistes, qui reviennent progressivement au bercail après 10 ans de bons et loyaux services dans un village du bocage Domfrontais. Troquer l'oxygène et le glouglou du ruisseau du fond du jardin, contre un peu du CO2 de la proche capitale, région de la famille, des amis, de la culture, du foisonnement de la vie qui palpite à tous les coins de rue, du concentré d'humanité. Journée de démenagement des meubles en haut, en bas. Totale réorganisation après gros travaux. Paul, 16 ans, solide et beau peuplier, se plie aux injonctions des adultes et aide les hommes forts (Pierre-O et Marco) à monter les meubles. Manon, bientôt 13 ans, jeune biche aux yeux brillants, époussette, passe la cire, aide les grands-parents à se sentir bien dans leur chez eux réinventé.  Les femmes trient, s'affairent, donnent les idées, dirigent le chantier l'air de rien. Je tente une sieste récupératrice de nuits d'insomnies. Je gagne la lecture d'un conte de l'amour ordinaire d'Isabelle St Loup où j'apprends un anagramme de mon prénom : aimer. Beau programme pour la suite du week-end.
Et ça tombe bien. J'avais décidé pour motiver les jeunes troupes, de trouver un concert de musique live le samedi soir. On est tombé par hasard, ou presque, merci Paul ;-), sur un concert découverte de jeunes tgalents aux Trois Baudets. Cette ancienne salle de spectacle parisienne autrefois dédiée aux chansonniers, fermée durant 15 ans, a été rachetée et rénovée par la Mairie de Paris et exploitée par des privés.  Cahier des charges: une programmation de jeunes talents, et de chansons francophones.
Et on est tombé sur une soirée waouh! Au programme on commence en douceur, Suarez, Belge blond, aime t-il son amie la bière ?, gueule d'ange et mélodies rafraîchissantes, accompagnées de sa guitare et de son musicien malgache (je ne sais plus son nom: Tata?) à la voix cristalline et au toucher de cordes swing, swing, swing.
Et puis le "truc de fou", comme disent les enfants, Saule, le chanteur géant qui arrive, et ses sept nains, mais non c'est pour rire, Les Pleureurs, en fait, ses musiciens, Saule et les Pleureurs, c'est leur nom. Des musiques à couper le souffle, pas celui des musiciens, parce qu'ils en ont de la voix certains d'entre eux, mais aussi des guitares, des percus, une batterie, une contrebasse, des trucs et des trucs-machins encore que je dois oublier, je ne suis pas musicienne. J'aime la musique, c'est tout.
Surtout quand c'est une musique de l'âme, soul, qui touche l'âme, soul, et le coeur.
La musique du grand "Saule", poétique nom d'artiste du belge Baptiste Laleu.
Beaucoup aussi quand les textes me parlent. Ce fut le cas. " Loin des gens", mon préféfé, à moins que ce ne soit "Saule 2".
Et puis il y a ce morceau cataclysme, paroxysme, ovnis, des poinçons au coeur, un crash, qui sonne comme un clash si juste. Sur les rideaux noirs du fond de scène, des vêtements blancs accrochés, façon linge qui sèche, font un écran blan pour projection choc. Le visage d'un homme de profil en costume, années 60 ou 70? qui revient par intervalles en alterances avec un mont, triste pont. Film noir, qui scande la musique, textes frappés de violence et de tristesse, l'histoire d'un accident? Je ne sais plus le titre de la chanson. Un coup de poing dans le ventre. Une merveille absolue.

Pour finir je laisse la parole et la plume à celui ou celle qui a parlé du dernier album de Saule sur son site officiel.
"Aujourd’hui, Saule publie enfin son deuxième album. Boisé comme le précédent, mais au feuillage plus ample, plus touffu. Sous la houlette du réalisateur Seb Martel, le voilà qui étoffe ses sous-bois mélodiques : ici, un zeste d’Ennio Morricone, là des effluves africaines ou jamaïcaines, ailleurs des arpèges qui fleurent bon les seventies folk ou des guitares mordantes qui rappellent le groupe Calexico."

Je vous conseille d'aller le voir, d'acheter son disque, d'en parler autour de vous.
Il deviendra grand le Saule, Paul l'aime, Manon l'aime, Pierre l'aime, Thérèse l'aime, Marc l'aime, Pierre-Olivier l'aime et moi je l'aime. Aujourd'hui j'achète le disque. Demain ils seront des milliers.


Par Marie Remande-Archer - Publié dans : articles généralistes
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