Les arbres et les hommes sont faits du même bois. La vie bat en eux.
De temps en temps, je vous donne à voir un article qui figure sur mon autre blog "Les cris de l'écrit", moins bien référencé et qui n'a pas de lien direct avec Facebook, Twitter, Google+ et autres outils, fort pratiques.
Donc en ce vendredi, où tout le monde est parti (on verra bien si quelqu'un me lit), je vous renvoie là bas, pour voir, non pas si j'y suis, puisque je suis en ce moment ici, mais pour voir ce que j'y écrit. Vous aurez même de quoi écrire et créer, si vous vous ennuyez en ce long week-end de pont, pour ceux qui ont de la chance de le franchir, ou pas...
Surprise!
Voici mon atelier # 6 "Au milieu de rien"
Un indice visuel... qui risque de brouiller les pistes :
Où il est question de couchsurfing, de littérature, de châteaux, de la visite de Tours et de l'Hurluberlu, qui n'est pas celui que l'on croit !
Samedi
15h : Arrivée impromptue d'un couchsurfer québécois, sans accent, ou presque s'il vous plait! (quand il le faut, il est capable de le retrouver, tabernacle!) Il fait le tour de France en 95 quinze départements après avoir tout largué derrière lui. On peut le suivre sur son blog.
On file direction le château d'Azay-le-Rideau écouter dans le pressoir, le texte de Gérard de Nerval, "Sylvie", extrait du recueil "les Filles du feu". Très belle lecture par trois comédiennes du Centre Dramatique Régional de Tours. Elles mettent en scène avec malice, cette histoire d'amour contrarié, où le héros ne passera jamais à l'acte. Un récit émaillé de phénoménales descriptions de lieux et paysages, qui inspireront plus tard Proust, himself.
En sortant nous inaugurons "la Balade Gourmande", boutique de spécialités du Val de Loire tenue par le très sympathique Laurent Meudic, déjà créateur de sa grande soeur à Tours. Amoureux de gastronomie et d'oenologie, il nous conseille avec talent deux vins : L'Hurluberlu, un Saint Nicolas-de-Bourgueil, singulier et fruité, et le Château de Coulaine, un Chinon gouleyant, qui tous les deux, à l'apéritif, un peu plus tard, nous feront tourner le tête et chavirer dans de folles danses au son de play-lists croisées sur Deezer.
Dimanche : Visite touristique de Tours, avec pauses photo, façon touristes japonais, devant chaque monument. Notre Tours subjectif en plus de la version plus "classique". Voici nos étapes:
Les quais de Loire et le départ de l'ancien canal, qui reliait le Cher au fleuve royal, avant l'arrivée du train.
Après la cathédrale
Saint-Gatien, haute si haute, avec quelques vitraux remarquables, Fritz l'éléphant, pauvre bête de cirque naturalisée au XIXe siècle dans une vitrine du Musée des Beaux Arts à côté du majestueux
cèdre du Liban, vieux de plus de 200 ans, dont les branches sont soutenues par des poteaux et dont pas moins de 6 personnes arriveraient à faire le tour en se tenant les mains, bras
allongés.
L'Instant Ciné, bar-vidéo club, lieu d'expos et d'évènements. De la bonne musique, une limonade et une bière de Loère
dans un fauteuil en cuir où l'on s'enfonce à l'heure de la
sieste. Le café le plus sympa de Tours selon moi. Un jeune type fait un croquis du lieu - déjà mythique?- dans un carnet de voyage des lieux caractéristiques de la
ville.

La Rue Nationale refaite à neuf, fière de montrer sa nouvelle ligne de tramway presque achevée. Vivement l'inauguration en septembre 2013.
La Basilique Saint-Martin, étonnante dans sa rénovation, pas très respectueuse de l'original, mais chargée de spiritualité.
Le "Monstre" de la place spontanément renommée "place du monstre" par les habitants de la ville, en fait place du Grand Marché.
La traditionnelle place Plumereau et ses séduisantes maisons à colombages fait l'effet escompté auprès de notre "cousin" québécois. A quelques pas de là, nous nous refaisons le monde, assis dans la fontaine vide d'un petit square, au coin de la rue du Murier et de la place Briçonnet.
Et, au soleil couchant, nous partons pour une folle recherche de Géocaching, autour de l'Octroi de Saint-Pierre-des-Corps. Alors que nous manquons de nous décourrager, nous découvrons des objets improbables cachés dans des petites boites et laissons nos noms et la date. A vous de jouer maintenant!
Deux journées de re-découverte de notre propre ville, avec des yeux neufs, de touriste, d'enfant. Deux journées longues et pleines. Une rencontre interculturelle pas banale et intense. Il y a comme ça des week-ends qui valent de longues vacances.
Aujourd'hui c'est mardi, la pluie, et c'est reparti, dans l'tourbillon de la vie!
Tours, visite, Azay-le-Rideau, Québec-sur-France, Géocaching, le Monstre, Hurluberlu, vin de Loire
Photos : Marie Remande
Quand la danse et les mots s'expriment dans la nature
Alpes-de-Haute-Provence
La nature environnante inspirera ce stage d'expression dansée et écrite. Les matériaux sensoriels issus de cette rencontre nourriront l'atelier consacré à la danse en matinée et l'atelier d’écriture l'après-midi. La créativité de chacun pourra s’épanouir et s’enrichir du partage avec le groupe.
Ce stage est ouvert aux adultes de tous niveaux.
Programme des activités
Dimanche : Première rencontre avec la nature au cours d’une randonnée avec un
guide.
Du lundi au vendredi :
Le matin : de 9h30 à 11h30 atelier de danse Chantraine www.dansechantraine.com
L'après midi : de 15h à 17h ou de 18h à 20h atelier d'écriture http://marieremande.livreaucentre.fr
Propositions de temps de promenade et d'immersion dans la nature dans la semaine.
L'atelier complet "danser et écrire sous le soleil provençal " : 250 €
Demi pension en chambre d'hôtes (2 à 4 lits) : 350 €
Demi pension en gîte d’étape avec 2 chambrées (4 et 7 lits) : 280 €

Pour tout renseignement : Marie-Hélène Covelli : 06.15.93.13.57
Pour télécharger le bulletin d'inscription, c'est ici ou là
Photos Marie Remande
Ce soir visite improvisée au Louvre. C'est mercredi, et c'est nocturne. Le musée n'est pas envahi de touristes. Pas de queue infinie devant la Pyramide de M. Pei. La nuit tombe tranquillement et déjà les lumières éclairent de l'intérieur la construction de verre qui joue la transparence à travers la cour carrée. On aperçoit dans l'enfilade le Carrousel du Louvre, l'Obélisque de la Concorde. Le reste est invisible. Je sais juste que loin derrière se tient l'Arche de la Défense....
Aujourd'hui, c'est parti pour les peintres italiens de la Renaissance et au delà. Je suis avec grâce le choix de l'amie que j'accompagne dans cette soirée culturelle impromptue. La grâce définit parfaitement les premières fresques de Boticelli que nous croisons dans l'aile Denon.
Fou le nombre d'oeuvres connues que je découvre pour la première fois en vrai ! La peinture « live » comme la musique vivante, c'est décidément bien autre chose que des reproductions sur cartes postales ou dans les pages d'un livre. Tiens « Le radeau de la Méduse » de Géricault. Tiens, « La vierge et Ste-Anne » de Léonard de Vinci, qui vient d'être rénovée. Une merveille ! « La liberté conduisant le peuple » de Delacroix, « Les Noces de Cana » de Véronèse, « les 4 saisons » d'Archimboldo, des Boticcelli, des Fra Angelico, des Léonard de Vinci, des Tintoret, des Caravage. Une mine de beautés et de célébrités. Et de temps en temps, un coup de cœur pour une œuvre un peu moins connue, un drapé bleu lapis lazuli, qui m'émeut, un visage de femme, un corps d'Hercule sublime.
La Joconde derrière une vitre
Petite déception tout de même : LA Mona Lisa de Léonard de Vinci.
Prisonnière derrière une vitre, c'est là qu'elle ne vieillit pas, depuis si longtemps. J'aurais aimé pouvoir regarder le grain de la toile, l'épaisseur de la peinture, voir les imperfections de ce que le monde entier considère comme une merveille, mais là c'est impossible, une corde maintient les curieux à distance et une vitre pleine de reflets met une banquise entre elle et nous. Elle, hautaine et lointaine, telle une VIP, dispose de deux gardiennes à ses côtés en permanence.
Les flashs crépitent -Tiens un musée où l'on peut photographier les œuvres ! - malgré le peu de monde, une attroupement autour du tableau, beaucoup d'asiatiques qui se prennent en photo devant. Il semblerait qu'il est plus important d'être vu à côté que de venir la voir, elle. Finalement ici, le vrai sujet c'est soi, et non le tableau. Il conviendra d'envoyer rapidement un MMS ou de mettre sur Facebook la photo pour dire « J'ai 'fait' la Joconde », comme on dirait, « j'ai 'fait' Les Etats-Unis ».
Textus interompus et donc non éditus.
Je poursuis quelques mois après. Toujours aussi gris le ciel. De novembre à avril, le temps serait-il stable et inchangé ? Avons nous vu le soleil depuis ? Avons nous nous-même changé ?
La Joconde de Vinci doit toujours être là aussi. Stable. Toujours derrière sa vitre.
Qu'elle y reste.
Je préfèrerai la prochaine fois d'autres visages, moins connus, plus touchants. Face à face solitaire, sans les hordes de touristes, quelques siècles après, rencontrer l'auteur à travers son œuvre. Une gageure ?
« J'aime dénicher des sons et faire découvrir les groupes. Ce n'est pas ma vocation de devenir moi-même un rocker ! » explique Louison Dupont, 17 ans, fan d'électro et de hip-hop. Ce lycéen en 1ère à Tours, a eu le déclic lors d'un stage d'observation de 3edans une radio locale alternative où la responsable lui confie ensuite « son » émission musicale, « Teenage Wasteland » qu'il anime toujours (à écouter en live sur www.radiobeton.comles dimanche entre 19 et 20h). De la rencontre avec DJ et groupes sur cette antenne nait en 2010 le label électro « Jugger records », un collectif qui promeut aujourd'hui cinq artistes, dont quatre âgés de 18 à 22 ans. « Pour la notoriété, on a organisé des soirées dans des bars. Ça a rempli les caisses ! » Après avoir ensuite programmé des concerts électro de ses artistes et d'autres en 2011 et 2012 au « Temps machine », salle de musiques actuelles de l'agglo tourangelle, il espère prochainement, organiser des tournées dans d'autres villes et réaliser plusieurs sorties digitales d'albums de ses artistes à la suite d'une première éditée en mars dernier. « J'ai parfois un peu de mal à suivre, entre le lycée, le label, le webzine, la radio et ma copine, il faut faire des choix ! », constate Louison.
Article paru dans le magazine Phosphore rubrique "Le Jeune du mois" - Octobre 2013
1ere de couv - Guide pratique - Syros Alternatives