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"Il faut du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse." F.Nietzsche

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Le principe de mon blog : des articles de ma production mis en ligne, plus quelques photos légendées. Bonne lecture.
Jeudi 15 octobre 2009 4 15 10 2009 10:39


Croyez vous, comme moi, que l'art et la beauté, comme celle de l'installation de Spencer Tunik vue sur cette video, peuvent changer le monde? 





Pour en savoir plus et signer pour convaincre nos chefs d'Etats à agir en décembre à Copenhague à la conférence mondiale sur le changement climatique, cliquez ici.





 

 

Par Marie Remande - Publié dans : photo - Communauté : journalistes pigistes
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 10 2009 19:35


Le chateau du Rivau se trouve certes loin de tout. Trois quart d'heure de   voiture de Tours pour y arriver, c'est peut-être aussi ce qui contribue au charme de cette expo. Il faut la mériter. Traverser la campagne Richelaise avant d'arriver dans ce chateau de contes de fées, moyennageux, avec son donjon, son pont-levis, mais aussi des parties renaissance ajoutées. Des jardins merveilleux, soignés. Mais pas à la française, bien rangés comme des petits soldats, non, plutôt à l'anglaise, avec des recoins, du -faux- fouillis, l'occasion de s'attarder entre des haies qui serpentent, ou de traverser un verger, de se sentir protégé sous une pergola de vigne entourée des rosiers odorants, de conjurer à l'avance minuit qui sonnera pour partir en imagination sur un des potirons de la cour intérieure comme une cendrillon qui a raté le coche et le cocher, voire l'amant. Comme Camille, chez qui l'amour a toujours manqué, elle la romantique, l'absolue, le "Rimbaud de la sculpture", selon Michel Brethenoux, universitaire, spécialiste de l'artiste, pour qui l'amour de Rodin, son amant unique, n'était sans doute jamais assez fort. Echo douloureux sans doute au désamour, voire à la haine que lui a toujours voué sa mère. 

Au château du Rivau, Camille Claudel est à l'honneur de manière intimiste. Je grimpe des escaliers en spirale et en pierre de tuffeau blanche et lumineuse pour me retrouver dans la pénombre. Dans la grande salle du premier étage, les oeuvres du sculpteur dansent dans des vitrines subtilement éclairées sur de noirs socles, telles des figures tantôt magiques, tantôt fantomatiques. Les bronzes, extraits de la main et de l'âme torturée de l'artiste, m'aimantent me happent, m'envoûtent, m'effraient, me fascinent, me broient, me séduisent, m'enlacent, m'hypnotisent. Je chante avec le vieil aveugle. Je danse comme la femme qui valse, je me ploie comme celle que son amant à genoux embrasse, je rentre mes genoux l'un dans l'autre comme la jeune fille à la gerbe, je suis aspirée par la mort comme Clotho chauve qui semble se tordre entre vie et trépas. Je finis par m'accroupir, exhangue, gorgée par tant de beauté et de terreur mélangée, telle "La femme accroupie" de Camille Claudel, ma préférée entre toutes.



Il me faut ensuite un long temps dans le noir, la nuit tombée, dehors dans la grande cour du château, pour reprendre mon souffle et, grâce à la lumière de la pleine lune, enfin mesurer la force de ce que je viens de recevoir. Une dizaine de sculptures en bronze seulement. Une oeuvre de génie. 

Exposition Camille Claudel, "Ombres et lumières" - Château du Rivau. 37120 Lémeré - Jusqu'au 8 novembre. Tous les jours sauf le mardi. 
Renseignements : Musique et Patrimoine 02 43 93 03 72 www.musique-et-patrimoine.com
A noter: le film documentaire "Camille Claudel" de Dominik Rimbault, une autre artiste, sculpteur, est projeté à côté de l'exposition. 52 mn à ne pas manquer. 

  
Par Marie remande - Publié dans : articles généralistes - Communauté : journalistes pigistes
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 09 2009 19:04
  



C'est le nom choc du dernier ouvrage de Fabrice Nicolino, journaliste écolo et auteur engagé. Un coup de griffe à la surconsommation de viande de notre société. Voir ci-dessous l'introduction de son ouvrage. A consommer lui, contrairement à la "bidoche", sans modération. 


   "Je suis né pour ma part dans le sous-prolétariat urbain de la banlieue parisienne. Ce n’est pas un lieu rieur. Ce ne fut pas un temps calme. Il m’arriva plus d’une fois de rêver meilleur destin. Mais qui choisit ? Il reste que, dans les meilleures années de cette époque engloutie à jamais, ma mère préparait le dimanche midi un roast-beef, un rosbif farci à l’ail qui déclenchait chez nous tous, les enfants de cette pauvre nichée, une émeute de papilles.

Un repas peut-il rendre heureux ? Oui. Un morceau de viande peut-il faire croire, le temps d’une tablée familiale, que tout va bien, que tout va mieux ? Oui. J’ai mangé beaucoup de viande. J’ai pris un grand plaisir à mastiquer, à partager avec les miens ce qui était davantage qu’un mets. Je suis mieux placé que d’autres pour comprendre que manger de la viande est un acte social majeur. Un comportement. Une manière de se situer par rapport au passé maudit de l’humanité, et de défier le sort promis par l’avenir.

Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j’ai changé d’avis et de goût. Modifier ses habitudes est l’une des vraies grandes libertés qui nous sont laissées. Je l’ai fait. Derrière la viande, peu à peu, les morceaux, hauts et bas, se sont reformés, comme dans les dessins animés de mon enfance, qui ignorent tout de la logique triviale de la vie ordinaire.

Derrière une côte de bœuf, j’ai fini par voir un bœuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon. On peut parler d’un choc, immense et lent. L’histoire que je vais vous raconter n’est pas simple, et j’en suis le premier désolé. Elle peut d’autant plus paraître compliquée qu’elle l’est en réalité. Mais ce n’était pas une raison pour faire un livre pesant. Celui-ci ne devrait pas l’être. On y verra beaucoup d’hommes en action, prenant en notre nom des décisions plus ou moins réfléchies. Avec des conséquences majeures que la plupart ignorent.

Cela explique les tours, détours, ruses et contorsions d’une affaire profonde, qui nous concerne tous. Ce livre sur la viande commande du temps, et de la réflexion. Peut-être est-ce une mauvaise idée de le signaler d’entrée, à l’heure d’Internet et du zapping tous azimuts. Mais c’est ainsi. Au moins ne serez-vous pas trompé sur la marchandise. Il reste que cet ouvrage peut aussi se lire pour ce qu’il est : une formidable aventure aux conséquences inouïes. Où rien n’était inévitable. Où tout aurait dû être pesé. Ou tout aurait pu être contrebalancé. Une histoire pleine de bruit et de fureur, emplie jusqu’à déborder de qualités qui sont souvent de pénibles défauts. Laissez-vous porter par cette vague venue des temps les plus anciens, et posez-vous les bonnes questions, qui vous rendront fiers d’être des humains dignes du mot.

Comment des animaux aussi sacrés que le taureau Hap de la plus haute Antiquité sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour « fabriquer » de la « matière » à partir d’êtres vivants et sensibles ? Pourquoi leurs laboratoires sont-il aussi anonymes que secrets ? Pourquoi l’industrie de la bidoche est-elle dotée d’une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ? À la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l’élevage industriel ? Pour quelle raison folle laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d’antibiotiques et d’hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver dans des proportions étonnantes la si grave crise climatique en cours ?

Qui est responsable ? Et y a-t-il des coupables ? La réponse n’a rien d’évident, mais elle existe, dans les deux cas. Ce livre vous convie à une plongée dont vous ne sortirez pas indemne. À la condition de le lire pour de vrai, vous ferez ensuite partie d’une tribu en expansion, mais qui demeure on ne peut plus minoritaire. La tribu de ceux qui savent. Et peut-être même rejoindrez-vous celle qui ne veut plus. A-t-on le droit de se révolter ? On en a en tout cas le devoir.

Je mange encore de la viande. De moins en moins, et désormais si peu que j’entrevois le moment où je cesserai peut-être de le faire. Je ne suis pas un exemple. Je suis exactement comme vous. J’espère en tout cas que nous nous ressemblons assez pour que le dialogue commence. Mais avant cela, il fallait vous faire découvrir le tumulte des relations que nous entretenons avec notre sainte bidoche. Si ce livre devait servir à quelque chose, il me plairait qu’il permette à ses lecteurs de se demander ce qu’ils mangent. Et pourquoi. Et comment." 
Fabrice Nicolino 

Bidoche de Fabrice Nicolino - Editeur : Editions LLL, les liens qui libèrent - Date de parution : 7 octobre 2009 
Par marie Remande - Publié dans : brève - Communauté : journalistes pigistes
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 09 2009 21:26

Le petit homme brun s’avance en sandales sur l’estrade de l’amphithéâtre de l’école supérieure de commerce de Tours, avec presque l’air de s’excuser de prendre la parole. Il enlève sa veste, la pose tranquillement sur son siège et prend le micro. Seul face à une salle pleine à craquer, debout, sans papier et sans filet, il impose impose très vite le silence avec sa parole de sage.

Pierre Rabhi, auteur, philosophe, conférencier et un des pionniers de l’agriculture écologique en France, donne, ce jeudi 10 septembre, une conférence dans un des temples de la formation des managers de demain. Une conférence, parmi des dizaines qu'il donne par an en France, pour, sur le terrain, venir alerter l'opinion publique, rassembler les initiatives et les bonnes volontés, pour changer le monde, de manière très concrète.

Celui qui appelle à une « insurrection des consciences » a lancé le mouvement des Colibris, plate-forme d’initiatives de terrain pour une société plus écologique et plus humaniste.

A son programme : plus d’utopie, plus de nature, plus d’humain, moins de consommation, moins de violence, plus d'écologie, plus de spiritualité.

 

 


Morceaux choisis
de sa conférence du 10 septembre 2009 à L'ESCEM de Tours:

 

«  Quelle planète laisserons nous à nos enfants et quels enfants laisserons nous à notre planète ?»

 

« Il faut replacer l’homme et la nature au cœur de la logique »

« l’utopie est une pulsion qui consiste à aspirer à autre chose que le quotidien. C’est une nécessité absolue, une aspiration singulière »

« La tétanisation et le conformisme de notre société sont dus à nos peurs. »

 

« La violence a de multiples visages sur Terre. Affamer les peuples en est un. »

 

« Quand on prend au delà de ce que l'on a besoin, on est dans un déséquilibre, dans la violence. »

 

« La sémantique même de notre société nous pousse à des comportements inadéquats. Pourquoi dit on sexes opposés et non sexes complémentaires par ex.?»

« Nous, les Hommes, ne devrions pas dominer la nature car nous sommes, nous même, nature. »

« Eduquer signifie apprendre à aimer et prendre soin. Prendre soin de la terre, de son corps, de soi-même. »

 

« Il y a un lien entre la nature, la vie et l'ordre symphonique du Cosmos. »


Voir aussi sur son blog, l'article de Margaux, présente avec moi à cette conférence. 


Passez vos vacances aux Amanins, lieu de séjour agro-écologique, que le souffle des idées de Pierre Rabhi a fait sortir de terre. 
 

Par Marie Remande - Publié dans : articles généralistes - Communauté : journalistes pigistes
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 07 2009 18:04
La fréquentation estivale du blog en berne me paraît révélatrice du ralentissement de l'activité durant l'été français.

L'été offre des pauses. De quelques secondes à plusieurs semaines, peu importe la durée, du moment qu'elles nous permettent de respirer, de nous apaiser et de nous sentir vivants.

Je vous en offre une avec le partage d'une phrase trouvée sur le blog de mon amie sculpteur et danseuse Pauline :

"le ciel est le pain quotidien des yeux" R-W Emerson

J'ai toujours adoré regarder le ciel.
Me perdre dans sa contemplation apaisante et miraculeuse.
Essayez.
Effet zen garanti.
Par Marie Remande - Publié dans : mot du jour - Communauté : journalistes pigistes
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